‹ Maurice de GuérinChapitre 14 sur 125 · LES RELIQUI.E. L EDITION · texte numérisé non relu

LES RELIQUI.E. L EDITION

avec une notice biographique et littéraire, par Sainte-Beuve (2 vol. in-i6)^. Barbey écrivit à ce sujet, dans le Pays du 1" février de la même année, un article où il donna au grand public, pour la première fois, quelques-unes des réflexions, tout ensemble puissantes et émues, qu'il avait amassées depuis vingt- deux ans sur celui qu'il célébrait avec vérité comme un grand poète. 11 n'y a pas lieu de donner ici l'énumération même sommaire des innombrables articles suscités par cette apparition des Reliqiiix : c'est là toute une bibliographie, dont j'ai réuni les éléments, mais qui nous entraînerait présentement beaucoup trop loin-. L'année suivante, une nouvelle édition en un volume in-S", ornée d'un portrait, revue et augmentée, paraît sous ce titre : Journal, Lettres et poèmes. Parmi les textes ajoutés figure La Bacchante , « fragment anticipé de je ne sais quel poème sur Bacchus dans l'Inde », qui paraît dans ce volume en édition originale 3.

1. LXX1-196 et Lv-223 pages. J'ai sous les yeux l'exemplaire ofîert par Trébutien à George Sand avec cette dédicace : Envoyé à Madame Sand avec empressement et reconnaissance. G.-S. Trébutien. Caen, 5 décembre 1861. — Plus bas figure, de la main de G. Sand, la mention suivante : Donné à Manceau. G. Sand. — Il ne faut pas oublier que Gandar fut, dans toutes les publications relatives aux Guérin, un très utile collaborateur de Trébutien.

2. On peut dire, sans exagération, que l'histoire des œuvres de Guérin, depuis i84o jusqu'à 1910, remplirait à elle seule uu volume. J'en ai réuni tous les matériaux, ou à peu près ; M. Max Egger apportera sous peu une très utile contribution à cette histoire.

3. Depuis lors, les éditions se sont succédé en grand nombre, toutes sous la forme in-12.

a/l MAURICE DE GUERIN

Trébutien poursuivit sa tache avec régularité. Il donna au grand public, la inême année, le Journal d'Eugénie de Gaérin, dont la vogue fut foudroyante. Ce fut, on le sait, un des grands succès de librairie du xix" siècle. Il s'en répandit des éditions nombreuses aussi bien en France qu'à l'étranger. Aujourd'hui encore, en Angleterre, en Allemagne, aux Etats-Unis, notamment, la sœur de Maurice compte des dévots convaincus, et son œuvre continue de rayonner dans les milieux les plus divers. La publication des Lettres d'Eugénie (i864) couronna le monument édifié par Trébutien à la mémoire du frère et de la sœur, sans que la foule de leurs admirateurs pût se douter à quel point, par son initiative, d'Aurevilly l'avait rendu possible. Il est important de constater tout de suite que ces trois volumes étaient loin de représenter la réunion complète et définitive des écrits des deux Guérin vraiment dignes d'occuper la postérité.

A dater de cette époque, et jusqu'à ces dix dernières années, les articles se multiplièrent, mais aucune pièce, aucun texte nouveau ne vint accroître l'ensemble des ouvrages et des lettres jetés dans la circulation par Trébutien, mandataire de la famille de Guérin. Aujourd'hui, à une distance beaucoup plus grande des événements, bien des réserves qui pouvaient s'imposer il y a un demi-siècle ne sont plus nécessaires. Notre curiosité littéraire demande des satisfactions nouvelles. Pour ne parler que de Maurice, qui nous intéresse davantage à

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