‹ Maurice de GuérinChapitre 33 sur 125 · I. Ed. in-i2, p · texte numérisé non relu

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yO MAURICE DE GUERIN

forte dose de sympathie chez lui pour s'être si vite lié d'amitié avec des steppes incultes et la sombre ceinture de bois qui l'environne. Toujours ce même art de prêter aux choses de la nature une âme, et comme une sensibilité susceptible de fraterniser avec celle de l'homme. Dans cette solitude où l'on s'étonne qu'on puisse trouver tant de silence, le travail devient un besoin, une nécessité indispensable, et Maurice s'y plonge avec délices.

Nous avons dit quelle fut la culture intensive vers laquelle Lamennais dirigea son ardent élève. Chaque étudiant avait sa chambre à coucher, mais comme plusieurs pièces étaient dépourvues de cheminée, on se réunissait pour travailler dans une chambre commune autour d'un bon foyer. Le dîner, très confortable, était assaisonné d'un feu roulant de plaisanteries et de malices, qui partaient pour la plupart de M. Féli. u 11 a des mots charmants ; les saillies les plus vives, les plus perçantes, les plus étincelantes, îs'échappent de lui sans nombre. Son génie s'en va comme ça quand il ne travaille pas ; de sublime, il devient charmant. « M. Gerbet lui donnait, paraît-il, assez malignement la réplique.

Lacordaire était reparti pour Paris deux jours après l'arrivée de Guérin . Un autre compagnon restait à Lamennais : le Lorrain, Rohrbacher, déjà occupé de sa future histoire de l'Église. Au reste, les hôtes se succédaient sous le toit du grand polémiste. Dès le i8 décembre, Maurice décrivait à sa sœur le charme incomparable de sa retraite, la puissance de

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