‹ Maurice de GuérinChapitre 47 sur 125 · I. Voyez l'Appendice consacré à ce pei'sonnage · texte numérisé non relu

I. Voyez l'Appendice consacré à ce pei'sonnage

no MAURICE DE GUERIN

comme il les a recueillies. Il avait gardé les originaux qu'il faut malheureusement considérer comme perdus, du moins en partie. Mais, puisque la copie nous reste, essayons de définir la valeur littéraire de ces morceaux et d'en dégager le caractère distinctif. Barbey d'Aurevilly, F.-B. de Marzan et Sainte- Beuve ont formulé sur les poésies de Guérin des jugements qui fourniront à notre étude un préambule fort utile :

« J'ajouterai aux Meinoranda un cahier de vers de Guérin, écrit d'Aurevilly à son ami de Caen, le 25 août i853. Vous le collationnerez et copierez les pièces qui vous paraîtront dignes d'être publiées. Ce que je vous adresserai est très beau d'inspiration et môme d'expression, mais faible de rythme. Il cherchait sa forme à celle époque. Ce sont de sublimes tâtonnements. » Et il est inquiet pour l'arrivée du précieux paquet : « Songez que les Poésies de Guérin sont avec ! Et de telles choses une fois perdues sont bien perdues. Moi non plus, je ne recommencerais pas mes Memoranda, quoique cela ne puisse être mis à côté des ébauches divines de Guérin. »

Notons encore, un peu plus tard, ce curieux jugement d'ensemble :

« Les vers de Guérin ne sont que des ébauches. C'est sa prose qui est sa poésie achevée. Sa prose, voilà son marbre travaillé, fouillé, élhéré, diaphane, rougissant, comme les nuées dont il a la légèreté, dans les airs où il se dresse ; mais ses vers... ce n'est qu'une glose indécise, qui commence à vivre sous l'impression qu'elle a gardée d'un pouce divin I Pour les artistes, pour les rêveurs, pour les acheveurs en pensée des Ebauches que le Génie laisse derrière lui comme des œufs merveilleux qu'il n'a pu couver, ces vers, où l'image la plus charmante tremble dans le Rythme mal assuré, comme un rayon de l'aube ou de la lune tremble sur la feuille agitée

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