PHILOSOPHIE INDÉPENDANTE
ferai, mais si je rentre en sei'vitude, n'est-ce pas pour arriver, plus tôt à une pleine et irréductible liberté ? Je me console et m'encourage comme je peux avec cela.
Rien encore de nos excentriques amis <( des grèves et de la ville murée des grèves » *. Est-ce une léthargie de leur amitié ou bien sa mort ? 11 y a un terme après lequel on passe outre à l'inhumation. — Au renouvellement de l'année, je leur écrirai une lettre de politesse.
Si la qualité d'inconnu (souvent favorable) peut attacher quelque prix à mes sentiments, veuillez dire à Madame Faure qu'en apprenant son accident j'ai été du nombre de ceux qui ont le bonheur de la connaître.
Gaudin et Bodimont vous envoient mille amitiés. Nous attendons Barbey pour les premiers jours de l'année. Quand reviendrez-vous irriter avec l'exquise finesse de votre goût la verve de nos réunions ?
Adieu, cher voyageur ! N'oubliez pas que vous avez pris un engagement avec le printemps et que chaque beau soleil de mai serait pour vous un reproche et une bien grande tristesse pour votre ami
M. DE GuÉRIN.
Maintenant, nous renvoyons aux pages du Cahier vert, qui nous renseignent avec une sincérité si émouvante sur le cours de ses pensées les plus secrètes. Peu à peu toute allusion aux questions religieuses semble exclue de ces confidences. Et au reste, cette analyse passionnée de soi-même, ces découragements, ces incertitudes poignantes qui s'y révèlent à chaque pas, ne sont-ils pas déjà bien étrangers aux préoccupations chrétiennes ? Sans le savoir, Guérin s'est déjà éloigné insensiblement du christianisme. Sa collaboration à des revues catholiques, telles que la France catholique, puis à la Revue