‹ Maurice de Guérin, d'après des documents inéditsChapitre 21 sur 141 · LES PREMIÈRES LETTRES · texte numérisé non relu

LES PREMIÈRES LETTRES

cours de ses pensées. Les moindres impressions se gravaient profondément dans son âme. Maurice aimait d'une affection singulière un amandier sous lequel il se réfugiait aux moindres émotions. Eugénie le vit rester là, debout, des heures entières. Son imagination était alors d'une vivacité incroyable. Il me paraît évident que des études classiques trop prolongées n'ont fait qu'égarer et retarder le développement de ce talent étrange, qui connut ainsi à douze ans l'ivresse de la nature. En tout cas, il se rappela toujours avec délices ce qu'il appelait plus tard « les leçons de la solitude )^ .

En ce qui touche ces deux lettres, remarquons simplement que la première est adressée par le jeune collégien à ses deux sœurs, la seconde à Eugénie seule. 11 fait part à son aînée, avec une naïveté charmante, de ses premières impressions parisiennes: (' En admirant toutes ces merveilles, je me disais : Eugénie est dans les bois et moi je suis ici... cette idée empoisonnait le plaisir que je ressentais. » Et il prie celle-ci de lui envoyer par Armand d'Huteau, ses cheveux et ceux de Mimi (sa plus jeune sœur, Marie), qu'il a oublié de prendre à son départ :

« Fais-le, je t'en prie, ils me rappelleront toujours à ton souvenir, quoique je n'aie pas besoin de ça pour penser à toi, et je dirai en les voyant : Voilà les cheveux de tuio. Et peut-être que <uio considère à présent les miens. » (21 oct. 1834.)

A la fin du mois de janvier 1826, Maurice écrit à son père. Il est deux fois de suite le premier de sa classe en vers ; le grec va mieux. Son cousin Auguste Rày-

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