‹ Maurice de Guérin, d'après des documents inéditsChapitre 41 sur 141 · LA VIE A LA CHÊNAIE · texte numérisé non relu

LA VIE A LA CHÊNAIE

dance avait été probablement assez active avec les siens, non sans occasionner toutefois certains heurts pénibles. Nous n'avons retrouvé, de cette période, qu'un petit nombre de lettres à sa sœur — sans une seule réponse d'Eugénie, — à Marzan, à M. de Bayne, à La Morvonnais. Celles-ci nous offrent des renseignements piquants sur les nombreuses visites reçues à la Chênaie, où l'on attendit celle de Montalembert et même celle de Sainte-Beuve, sur les scrupules d'Eugénie à l'égard de la poésie ; l'une d'elles renferme un charmant tableau des soirées passées dans le salon de Lamennais, devant l'immense sopha, vieux meuble en velours cramoisi râpé. Parmi les lettres inédites que j'ai retrouvées, je dois signaler celle du 29 avril 011 Maurice nous donne l'opinion de M. Féli sur le juste milieu, qui l'amuse beaucoup : •(( Quand il tombe sur ce sujet, c'est un feu roulant de plaisanteries. Il y prend un plaisir extrême. Il nous disait que si l'on faisait un pâté avec les gens du juste milieu, le diable ne voudrait pas en tâter, que le juste milieu est un bâton planté dans de la boue molle, etc. 0 Notre poète se plaint plus loin de devoir à son tailleur une somme assez rondelette. Il salue avec joie le rayonnement chaque jour plus marqué du Cayla et recommande beaucoup à sa famille le journal VEcho Français qui est celui de La Chênaie. Beaucoup d'autres menus détails mériteraient d'être recueillis, touchant les études de Maurice sur Dante, Byron et sur l'histoire romaine de Niebuhr, sans oublier les terre-neuve ni Polydore,

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gardiens de la vieille demeure. On n'insiste pas à dessein sur l'histoire même de Lamennais pendant les derniers mois d'existence de sa Thébaïde : d'excellents ouvrages récents nous ont lait suffisamment connaître toutes ses luttes. Maurice quitte le Maître sans cesser de l'aimer ni de croire en lui. Il se retire d'abord à Saint-Méen où il reste trois semaines, puis à Ploërmel. chez les frères de l'Instruction chrétienne, auprès de M. Jean de La Mennais, leur supérieur. Son intention était d'y professer un cours d'histoire de la littérature. Nous raconterons maintenant la seconde partie, si remplie, de la vie bretonne de Guérin.

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