AUGUSTE CHOPIN IO
devons l'annolatioii et la transcriplion à un personnage modeste qui fut en relations avec le groupe de Maurice à Paris, et qui s'appelle Ch.-A. Chopin *. Voici un piquant fragment de lettre de Barbey d'Aurevilly à Trébutien qui se trouve à la fin du manuscrit et qui nous éclaire à ce sujet :
« "S ous me demandez qui a annoté le cahier des vers de Guérin. C'est, comme vous l'avez vu, un tionnête imbécile qui, par un hasard que j'ai vu se renouveler plus d'une fois, avait je ne sais quel grain de poésie au fond de son imbécillité. Il s'appelait Chopin. Il est mort juste.le jour où lui est venue la fortune aux écus. C'était un niais qui a vécu et qui est mort en niais, mais c'était un jocrisse qui aimait les poètes et qui les sentait et qui se faisait pardonner sa jocrisserie en se mettant à genoux devant Guérin. 11 est des admirations qui vous tirent de dessous votre médiocrité originelle et vous allongent et \ ous grandissent jusqu'au niveau du piédestal de l'homme que vous admirez. Ce Chopin n'était rien au subhme rêveur Polonais du même nom, le Gaérin du Piano, selon moi. Ce Chopin, qu'il faudrait plutôt appeler Chopinette, connaissait aussi George Sand, mais moins intimement que son homonyme, et c'est par lui que j'ai connu la célèbre auteur. Il fut le pont qui nous conduisit l'une vers l'autre, c'est Madame Sand qui fit les avances, — comme je crois vous l'avoir raconté déjà. Les opinions de ce pauvre Chopin, burlesques et timides comme les hésitations d'un àne au tempérament classique et à l'éducation romantique, entre la botte de foin sec de la correction et les chardons en fleurs de la fantaisie, ces opinions inscrites aux marges du cahier, importuneraient si elles ne divertissaient pas. N'en prenez nul souci que d'en rire (10 octobre i853). »
Chopin, nous apprend Trébutien, n'avait suivi aucun ordre dans sa copie et a transcrit les pièces