A MES DEUX AMIS
I M. DI LA MORVOMNAIS ET F. DU BRBIL DE MaBEAW. )
Ploërmel, 12 novembre 1833.
Ce sept du mois novembre, à neuf heures du soir, La tempèle fait rage et le ciel est tout noir. L'eau des toits retentit sur le pavé des rues; Le vent d'ouest, chassant («..-s bandes éperdues De nuages fuyards, jette au loin dans la nuit Des tourbillons de pluie et des vagues de bruit. Et moi, tout accroupi près d'une flamme vive, Je suis là, recueillant en mon âme attentive Ces gémissements sourds et la voix de ces vents Qu'on dirait apporter au séjour des vivants Les lamentations de la foule des âmes Dont l'épuration s'achève dans les flammes. Et tandis que j'écoute, arrivent par milliers Les pâles souvenirs et les vagues pensera Que les moindres accords, sur leur aile légère, Ramènent dans mon âme, et, tout comme une mère Prend une joie extrême au nocturne entretien D'un fils qui lui revient d'un voyage lointain Mon âme se complaît aux douces causeries De ses vieux souvenirs et des ombres chéries De rêves trépassés qui reviennent, pieux, A leur mère, le soir, parler une heure ou deux.