‹ Maurice de Saxe et le marquis d'ArgensonChapitre 6 sur 31 · I. Rendu, p · texte numérisé non relu

I. Rendu, p

fait aucun conquérant... il obtenait le Milanais et devenait chef des princes d'Italie : il y était à peu près ce qu'ont été les empereurs de la maison d'Autriche en Allemagne. Plus aguerri, plus puissant que les autres princes, il aurait eu le principal ascendante leur diète : il n'aurait trouvé que trop d'occurrences pour s'agrandir encore. L'indépendance féodale qu'il acquérait sur les empereurs d'Allemagne était un pur gain pour lui, car il n'aurait pas trouvé les Allemands moins disposés à le secourir contre nous, si nous y avions donné lieu. Ainsi, ce lien de féodalité, si vanté pour son appui, n'a jamais été qu'un mauvais prétexte : la peur et la défiance l'ont seules mis en avant dans le cours de la négociation. Tout le monde y gagnerait, l'empire même y eût applaudi ; son tyran seul l'eût regretté et eût été furieux de cette perte. Le pape Jules II a dit avec toute raison que l'Italie ne redeviendrait jamais heureuse et florissante qu'elle n'eût chassé les bar bares (c'est-à-dire les étrangers) hors de chez elle. Tôt ou tard cela doit arriver, àen juger par l'évidence et la raison; mais le temps n'est donc pas encore arrivé *. »

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