ACTE III, SCENE I
regard, ce que tu as aimé... Je pie raccroche à moi, au peu qui m'en demeure... Je voudrais me cacher, enfouir ma détresse; et cependant je veux que tu me voies d'abord, pour que tu saches enfin ce qu'il faudrait aimer, si tu m'aimais encore... Viens, viens, plus près, plus près... Non pas plus près de moi, mais plus près des rayons qui éclairent ma misère... Regarde donc ces rides, ces yeux morts et ces lèvres... Non, non, n'approche pas, de peur que le dégoût... Je me ressemble moins que si je revenais d'un monde que la vie n'a jamais visité.. . Tu ne recules pas? Tu ne t'étonnes point?... Tu ne me vois donc pas comme me voient ces miroirs ?...
Je vois que tu es pâle ei que tu semblés las... N'éloigne point mes bras... Rapproche ton visage... Pourquoi ne veux-tu pas que j'y pose mes lèvres, comme je les y posais quand tout nous souriait dans le jardin des fleurs?... L'amour a bien des jours où rien ne sourit plus... Qu'im-
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porte s'il est là pour sourire quand on pleure... J'écarte tes cheveux qui cachaient ton visage et le rendaient si triste... Regarde, ils sont pareils à ceux que j'écarlais daus le premier baiser... Va, va, ne pense plus aux mensonges des miroirs... Ils ne savent ce qu'ils disent; mais l'amour le sait bien... Déjà la vie revient aux yeux qui me retrouvent... Ne garde aucune crainte puisque je n'en ai point... Je sais ce qu'il faut faire, et j'aurai le secret qui guérira ton mal...
LASCÉOR
Oui, oui, rapproche-toi ; je t'aime de plus près qu'à la minute heureuse où tout nous unissait.. .
Ah! je comprends ceci; mais l'autre, l'autre chose!...
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