ACTE V, SCENE II
juste, c'étail inévitable!... Mais maintenant lout change et j'ai tout oublié... II y a d'autres forces, il y a d'autres voix, el je suis toute seule conlre tout ce qui parle dans la nuit incertaine... Juslice, oîi Ôles-VQUS?... Justice! que faut-il faire?... C'est moi qui vais agir parce que vous le vouliez... Vous m'avez, convaincue el vous m'avez poussée... La, lout à l'heure encore, sous les milliers d'étoiles qui éclairaient la porte et que vous invoquiez pour rassurer mon âme!... Il n'y avait pas de doule, alors ! el toute la certitude de tout ce qui respire et de lout ce qui vibre et <Ie tout ce qui aime et a droit à l'amour illuminait mon cœur... Mais en face de l'acte, vous reculez vous-même, vous reniez vos lois et vous m'abandonnez!... Ah! je me sens Irop seule, livrée comme une esclave aveugle à l'inconnu... Je vais marcher sans voir... Je ne regarde rien et e ne lèverai mes yeux fous sur le lit qu'au moment où la chose... (Elle s'avance d'un pas pour ainsi îécanique jusqu'au pied du ut). Maintenant, c'est e sort lui-même qui va dire oui... (Elle élève u ampe, regarde le lit, aperçoit Merlin endormi, et, étonoée,
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162 JOÏZELLE
faitun gesie de recul.) 11 dort!... Qu'est-ceci?... Je n'avais pas prévu... Tout excepté ceci... Faut-il attendre encore?... Oh! je voudrais attendre!... Il dort profondément ... Il ne voulait donc point... Mais s'il ne dormait pas, je n'aurais pu le faire... Il m'aurait désarmée, il m'aurait maîtrisée... C'est donc vrai, c'est le sort, c'est le sort juste et bon qui me le livre ainsi... Moi qui cherchais un signe?... Mais le voilà, le signe!... Mais que me faul-il donc s'il me faut davantage?... Et pourtant, puisqu'il dort, je ne puis pas savoir... Peut-être a-t-il pitié, peut-être qu'il renonce et qu'il dirait : « va-t'en! »... Il n'était pas sans âme; et dans bien des moments il parlait comme un père... Ah! s'il s'était levé, s'il avait été là, les bras tendus vers moi, dans un geste de.. . C'est alors, c'est alors que j'aurais été forte et que j'aurais vaincu !... Mais uo homme qui dorl... Cela brise la haine... Et puis, on ne sait plus... El changer ce sommeil qu'un seul mot met en fuite, en celui qu'aucune force humaine ou surhumaine ne peut plus ébranler!... Oh! je voudrais du moins qu'une