‹ Max Buchon et son œuvreChapitre 8 sur 41 · MANN AL · texte numérisé non relu

MANN AL

ni l’un ni l’autre n’a encore trouvé sa voie. « Si Buchon est encore inexpert à gerber pour son pays, comme il fera plus tard, un bouquet de blanche poésie, Courbet ne sait pas encore dessiner. Il n’a pas encore souci des paysans d’Ornans (1). » En effet, ses dessins dans lesquels il nous présente de bons nègres « ranimant de leurs sympathies frictionnantes un Européen naufragé », ou montre « un beau jeune homme arpentant, fiévreux, les rives d’un lac lamartinien », ou trace « l’allure tranquille d’un petit couple d’amoureux qui regarde trembler, sur le rebord de la fenètre ouverte, un petit rosier en pot », ou encore nous fait voir un jeune homme « fort bien mis, son bagage sur le dos », arrosant « son mouchoir de ses larmes devant. l’image d’une Vierge grillagée au cœur d’un chêne (2) », ne laissent point prévoir le vigoureux peintre de l’Enterrement. Mois tout d’abord, il faut qu’il se forme, qu’il conquière la maîtrise. Et c’est Buchon, allant encore de gauche à droite, qui donne le signal du départ sur la voie de l’art. Dans La Tempête, Buchon a choisi une épigraphe pour son ami, qui devient l’épigraphe de leur vie :

O beato colui... ; Dei lieti campo suoi proprio (3) cultore.

çois Buchon, de Dournon, qu’il était domicilié à Flagey en 1702, et qu'it avait pour femme la Catherine Courbet du dit lieu.

« Dans ce testament, on lit ceci : J’élis la sépulture de mon corps dans l’église paroissiale de Chantrans, aux lieu et place où sont ensevelis et inhumés les prédécesseurs de la Catherine Courbet ma femme, ete...

« Ou je ne m’y connais pas, ou nous voilà cousins gros comme le bras. Je prie donc mes chères cousines Zélie et Juliette de vouloir bien me donner des nouvelles du cousin Gustave. Quand je passerai à Flagey, nous tâcherons de retrouver d’autres souvenirs de la tante Catherine... »

(1) G. Kaux, Les Amis de lettres de Gustave Courbet, Max Buchon, extrait du Figaro, reproduit dans le Salinois, janvier-février 1928

(2) Zbid.

(3) C’est nous qui soulignons, proprio, propre; Cf. Essais poétiques, ouvr. cité, la pièce La Tempête, dédiée à Courbet.

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