‹ Maxime Maufra, peintre marin et rustiqueChapitre 2 sur 91 · NOTRE-DAME-DE-LA-CIARTÉ · texte numérisé non relu

NOTRE-DAME-DE-LA-CIARTÉ

Aquarelle.

leur suggère. Homère le dessine à larges traits, mais avec peu de tons. Pour sa grandiose candeur, la mer est vaste (suouropos); elle est blanche {(ro2:x), ou blanchissante {rohivoueyr). Lors même qu'elle menace la vie des héros, qu’elle les entoure, les amène, Îles emporte sans fin, ses colères sont dépeintes en peu de vers, plus dynamiques que colorés. Jamais elle n'apparaît, même dans la féerie de l'Odyssée,

avec sesrefetstet ses transparences-mellé oaraca monochromie, peut-être plus terrible pour des yeux primitifs.

Chez Virgile, le mouvement en semble plus profondément observé et étudié. La dramatique tempête sur laquelle se lève l'Énéide est remplie de belles images, de stridents tumultes, d'écrasantes turgescences. Ce prœruplus aquæ mons nous donne le vertige; et ce crépitant hémistiche : crebris micat ignibus æther, n'est pas moins déjà d’un peintre, que toujours d’un musicien. Pourquoi faut-il que nous soyons refroidis par cette fausse touche des flots qui, se creusant en abîmes, découvrent jusqu’au fond même de l'Océan? Ces grands chantres témoignent ainsi que la mer, au milieu de laquelle pourtant émergeait leur patrie, ne leur procurait en elle-même, au lieu des contemplations où elle nous plonge, qu'un plaisir secondaire.

Au reste, elle ne leur parle véritablement, et, par suite, elle ne parlait à ceux de leur temps, que personnifiée, que peuplée de mille divinités ou demi-divinités pour qui ils réservaient toutes les couleurs et toutes les parures. Ils apportaient à rêver leur apparition et leurs passions la même volupté que nous et nos peintres à remplir nos yeux des irisations et des reflets, ou bien à analyser sans fin les jeux de l’écume. Pour Lucrèce, qui pourtant porte le plus loin la pénétration de tous les phénomènes de la terre et de l’atmosphère, Océan ess mens matière à opposer le bienfait de la méditation philosophique à l'effort périlleux des navigateurs contre vents et marées.

Le peu que nous avons conservé des peintures anti-

ques est conforme à cette sorte d'indifférence. Amphitrite, Poseidon conduisent leur char d’émail et de coraux sur un minimum d’allusion aux ondes céruléennes.

Ïl nous faudra franchir de longs siècles pour voir les

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