‹ Maxime Maufra, peintre marin et rustiqueChapitre 48 sur 91 · L'ÉGLISE SAINT-NICOLAS-DES-CHAMPS, RUE SAINT-MARTIN; PARIS · texte numérisé non relu

L'ÉGLISE SAINT-NICOLAS-DES-CHAMPS, RUE SAINT-MARTIN; PARIS

réponses qui sont laconiques. En voici les principaux points : « Si une direction nouvelle doit exister en art {nous sommes en 1905), elle devra être plus imaginative et moins

| réaliste. ».

« [ n’y a pas de bolides » (c'est-à-dire de grands artistes qui, tout en découvrant des voies nouvelles, ne se

rattacheraient pas à ceux qui les ont précédés). Exemples (c'est la réponse à la question des personnalités), Gauguin, Fantin-Latour, et d'autres qui ont été à Ia fois innovateurs et traditionnels. Pour Cézanne, dont le nom figure au questionnaire, Maufra s'exprime sur lui avec la plus grande franchise. Le peintre d'Aix n était pas encore porté au rang des dieux : sentio me fieri deum, comme disait en mourant cet empereur romain. « Cézanne fut impuissant dans ses moyens d'expression. Je regrette d'être obligé de parler ainsi d'un vivant, très grand artiste, mais trop loué. S'il indique, il peut tromper les jeunes. Il est bon de regarder quelques-unes de ses œuvres définitives, mais on doit détourner les regards de ses essais que l’on veut nous imposer comme chefs-d'œuvre. » |

C'en est assez pour que nous connaïssions maintenant l’ensemble de ses convictions, en ce qu'elles mettront le public mieux en mesure de classer son œuvre etsa personnalité, car chacun de ses tableaux parle suffisamment par lui-même. Nous l'avons vu aflirmer les nécessités de la composition contre l'impression pure; dans ce chapitre, nous le trouvons défenseur de l'intuition contre les formules, et contre la science même lorsqu'elle tend à entraver l'instinct au lieu de lui fournir les moyens de se manifester plus librement. Ce n'est que le temps qui classera son apport en dehors des classifications encore adoptées, et l’exemptera de cette situation ingrate, d’être assimilé aux impressionnistes parce qu'il est venu après eux, et d'être tenu à l'écart par les « fauves » comme par les apprivoisés, parce qu'il réprouve les expressions forcenées des uns et le manque d'expression des autres.

Au surplus, à la Société Nationale des Beaux-Arts on lui faisait la part si étroite, qu'il fut près de renoncer à y exposer, et les grands impressionnistes lui témoignèrent de la froideur. Renoir lui parla avec gentillesse; Pissarro

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