‹ Maxime Maufra, peintre marin et rustiqueChapitre 74 sur 91 · PALMERAIE · texte numérisé non relu

PALMERAIE

indécises, aux jours de brume plus ou moins colorés, ainsi qu'aux clartés nocturnes, dont il a assez souvent mis la sourdine à ses franchises habituelles, se distinguant, quant à l'acceptation de rendre les effets de nuit, de l’école impressionniste qui les proscrivait de parti pris. Tels ces tableaux spécimens : Brume et soleil à Chäleaulin, effet très subtil; Gelée blanche en automne, dans les environs de Nantes; Bords de l'Ellern, où par un clair de lune se découpent un clocher et la fantastique dentelle des arbres ; un Crépuscule à l'embouchure de la Seine; un Soir d'hiver à Gennevilliers, nom qu'on ne s’attendrait pas à voir revêtu de mystère.

Ces exemples pourraient être multipliés, de même que l'idée de diversité serait complétée par des excursions isolées, d’où Maufra rapporta des toiles telles que les Moulins à vent à Ars-en-Ré, des Vues de La Rochelle, et jusqu’à une occasionnelle Rade de Bordeaux.

Il né reste plus qu'à résumer le plas ob ess possible, — car plus de descriptions et de commentaires n'ajouteraient plus un aperçu nouveau, au point où nous en sommes, — le caractère de quelques séries qui demeurent importantes en dehors de l'œuvre principalement rustique et marine. |

L'une d’entre elles nous ramène aux débuts : celle des peintures exécutées en Écosse à deux reprises, ou d’après les notes de ces voyages. Elles ont de la grandeur et de la sauvagerie. La solitude de la vallée de Glencoe; la tristesse persistant dans l'intensité des colorations du Lac Etive; le Lac FEribol, grandiose par les temps les plus noirs; le Pic isolé de Sutherland, sombre Fuji-Yama septentrional,

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la mer, ces deux pages puissamment vertigineuses : le Gouffre de Wick, et la formidable crevasse d’/Zolburn

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Îlead, au-dessus de laquelle on ne se penche pas sans un malaise inconnu aux mouettes qui tourbillonnent et se posent entre ses assises de granit et sur leur faîte; ce sont les thèmes les plus saisissants, et dont on retrouve la préparation dans de nombreux dessins rehaussés.

Un retour à la montagne, cette fois dans le Dauphiné,

au bourg d'Oisans, prêta à quelques bonnes études de pics, de torrents et de glaciers.

C'est l'artiste lui-même qui nous présente les contrastes, sans que nous les recherchions pour variermeette revue. Le Midi, en 1912, Var et Alpes-Maritimes l'avaient séduit par un désir d'interprétation nouvelle, et de fait, il avait évité, à la Napoule notamment, à Cannes, à Beaulieu, Agay et Saint-Tropez, les fadeurs comme les fanfares trop prodiguées. C'était un grand mérite de cette récolte d’avoir évité toute vulgarité, et d'avoir, en revanche, suscité des pensers recueillis.

L'Algérie, peu de temps avant la guerre, l'avait enfin attiré, séduit, au point qu'il se proposait d'y retourner et de -l'étudier de concert avec sa Bretagne "Hem es dégagé des expressions décisives, dont les toiles rapportées étaient le gage, déjà fort attachant, avec les oasis, les douars, les aperçus du désert, les rues blanches de Constantine, tout cela robuste et probe commevlenreste net dépourvu de réminiscences.

Nous avons fait allusion aux vues de Paris, vieilles rues du quartier Saint-Séverin et du quartier Saint-Denis, ainsi qu'aux féeries de l'Exposition de 1900, qu'il fut à peu près le seul à réussir. Il serait inutile de délayer dun commentaire la constatation de ces réussites, dues, — cela, au contraire, est bon à répéter, — à la joie des diversions recherchées par ce tempérament avide de vivre, et certes d'une excellente vie physique, mais plus encore de“cette vie supérieure dont l'impulsion est de voir et la joie de construire. |

C’est ce qui nous semble le mieux définir, au bout de

cette classification, l'ensemble du labeur et les traits dominants du caractère. Ces dons de nature et ces qualités acquises par autant d'entrain que d’acharnement donnent

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