‹ Maxime Maufra, peintre marin et rustiqueChapitre 78 sur 91 · LA RANCE A DINARD · texte numérisé non relu

LA RANCE A DINARD

sensiblement le même. Pas d'arbres, pour ainsi dire, sauf aux oasis des villages; rien que des champs aux inflexions peu prononcées, aux herbages dénués d'opulence quoique jalousement limités par de petites clôtures de pierres sèches, dessinant comme une broderie bizarre, et n'empêchant nulle part de découvrir l'étendue de l'horizon. Or, de cette physionomie ingrate, la presqu'île tire précisément sa grandeur. Le moindre accident de terrain, une bicoque basse sous le ciel, u:.clocher dont la pointe sortdun repli, un sentier brodé de ronces, un groupe de maisons : Kerhostin ou Saint-Pierre, découvert de loin et frappé vivement par quelque tombée -de=soleil"prennenmssnne valeur incomparable et vous émeuvent.

À l'extrémité de la terre, c’est la ville de “Quiberon, que ses villas et leur grouillement de baigneurs, ses usines de conserves et leur activité marinière rendent ambitieuse. En côté de cette manière de capitale est le modeste et clair port Haliguen. Du môle de Quiberon, partent les explorateurs de Belle-Ile, que la lorgnette peut suivre jusqu'à leur débarquement. Nous savons déjà que cette autre contrée, que nous laisserons au large, fut une de celles qui fournit à Maufra quelques-unes de ses plus fortes peintures de rochers et de houles. |

Revenant sur nos pas, jusqu'à mi-longueur environ, commence sur le bord de la route le village de Kerhostin, dont la principale rue, sinon ruelle, conduit jusqu'à une des molles découpures du golfe. Village de pêcheurs et de cultivateurs que n'a pas encore, en ce moment du moins, enrichi et dénaturé la contagion des bâtisses modernes. La pluie, généralement, y fait le service du balayage; le

MAXIME MAUFRA ie HR

commerce est limité à un strict et quelque peu intermittent nécessaire; les animaux domestiques y vivent dans une

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