‹ Maximes de Mms de SabléChapitre 8 sur 8 · DE LA MAXIME LXXXI · texte numérisé non relu

DE LA MAXIME LXXXI

(manuscrits de conrart)*

ous les grands divertissemens sont dangereux pour la vie chrestiene; mais, entre tous ceux que le monde a inventés^ il n'y en a point qui soit plus à craindre que la Comédie. C'est une représentation si naturelle et si deli-

1. Plutôt que de nous borner à relever les yariantes, nous avons mieux aimé reproduire en entier cette autre version de la maxime LXXXI , en indiquant les différences de texte par des caractères italiques.

Cette maxime, très-goûtée dans la société de Madame de Sablé, passa de bouche en bouche , et fut souvent répétée et commentée. L'impression n'en ayant pas arrêté la forme définitive, on comprend qu'il en ait existé

cate des passions qu'elle les emetd et les fait naître dans notre cœur, et sur tout celle de Tamour, principalement lorsqu'on le Teprésentc/ort chaste et fort honnête : car, plus il paroist innocent aux âmes innocenteSf et plus elles sont capables d'en estre touchées ; sa violence plaist à notre amourpropre y qui forme aussi tost un désir de causer les mêmes effecls que Ton void si bien représentés^, et Ton se fait au mesme temps une conscience fondée sur Thonesteté des sentimens qtiony void, qui oste la crainte des âmes pures ^ qui s'imaginent que ce n'est pas blesser la pureté d'aymer d'un amour qui leur semble si sage.

Ainsi ton s'en va de la Comédie le cœur sy remply de toutes les beautés et de toutes les douceurs de l'amour, et Pâme et l'es--

des rédactions différentes. Il a pu en être ainsi de plu* sieurs autres maximes de la Marquise.

Nous avons conserré Torthographe du manuscrit, ce qui explique les différences orthographiques que Toa pourra remarquer dans les passages conformes à la ver* sion de Timprimé.

I. Ces quatre lignes ne sMit pas une variante de rédaction» mais «e trouvent en plus dans la version du manuscrit.

prit si persuadés de son innocence^ qu'on est tout préparé à recevoir les premières impressions y ou plutost à chercher l'occasion de les faire naître dans le cœur de quelqu'un^ pour recevoir les mesmes plaisirs et les mesmes sacrifices que l'on a veus si bien dépeins dans la Comédie.

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