LA SŒUR DE GOETHE A RESINER
Reçu le 7 novembre 72.
Embrassez de ma part votre chère Lotte et dites-loi que je l'aime de tout mon cœur.
S. Gohhb.
GOETHE A KESTNER
Repi le 12 DOTembre à Wetxlar.
Friedberg, le 10 novembre 72.
Je ne puis pas me vanter! Enrayé en commission locale, mon imagination s'occupe du passé et de l'avenir. Hier au soir j'étais encore chez vous, et maintenant je me trouve ici, dans ce malheureux Friedberg, attendant un couvreur avec lequel je dois m'entendre sur la réparation de mon maudit château. Vous pouvez penser que mon chemin pour venir ici était assez ctart, et comme je montai aujourd'hui de l'hôtel du Prince-Royal, et que je vis les murs de la maison allemande et le chemin que j'avais fait des centaines de fois, et que je tournai à droite, dans la rue Schmidtgasse. Je voudrais bien avoir pris congé hier au soir, c'aurait été autant de fait, et j'ai été privé d'un baiser qu'elle n'aurait pu me refuser. Ce matin, j'étais sur le point d'y aller. S. m'en a empêché, et je lui jouerai pour cela un tour, car je ne veux pas souffrir seul. Certes, Restner, il était temps que je m'en allasse. Hier au soir j'avais des pensées comme celles d'un homme qui doit être pendu.
Le couvreur est venu ici, et je suis au point où j'en étais auparavant. Mon père vient de m'envoyer un paquet que
je tais faite prentdre; cela contiendra probablement aussi des choses édifiante*. En attendant j'ai été chei *6us, tt mon fifee etet encore avec Vous et mes chers petite. Ah! si l'homme éteft né potir jouir des joies pwrefi! "
La lettre de mon père est là. Bon Dfen ! si je devenais vieux, dois-je alofrs aussi devefeir ainsi ! Est-ee que mon âme ne doit plus s'attacher à ce qui est aimable et bon? C'est étrange ! D semble que l'homme devrait se détacher de tout ce qui est terrestre et petit à mesure qu'il vieillit. Il n'en est rien pourtant : au contraire, il s'attache de plus en plus à ce qui est terrestre, et il devient toujours plus petit. — Vous voyez, je suis en bon train de radoter, mais Dieu sait que ce n'est que pour m'occuper de vous et pour oublier qui, où et ce que je suis.
Schlosser e3t de retour d'une ambassade, l'amour lui inspire les protocoles , il a examiné les coins les plus reculés de l'enfer; en attendant, tout reste comme auparavant, et le résultat de nos courses et de nos efforts sera que nous ne disputerons pas le rang aune députation considérable d'inspecteurs.
£t quand je pense comme je suis revenu de Wetzlar, avec quelle affection j'ai été reçu et tout à fait au delà de mes espérances, alors je suis bien tranquille. Je vous l'avoue, j'étais à moitié effrayé, car ce malheur m'est déjà souvent arrivé.
J'arrivais, mon cher Kestner, le cœur entièrement plein et chaud; alors c'est une douleur infernale de ne pas être reçu comme on vient. Mais quelle différence ! Dieu vous donne toute une vie comme ces quelques jours ont été pour moi.
On apporte le souper, et bonne nuit.
Encore une fois bonne nuit. Dites mille choses au cher toux papa et à mes garçons. Rappeles-moi au concert, au souvenir de Lotte et à celai de Dorothée» Encore quelque chose. Lc*e a un petit meuble qui est trop grand pour elle. Je lui avais demandé la permission de l'échanger contre un plus petit; envoyez-le-moi, bien emballé, par la diligence *.
1 n parle d'un peigne dont il est aussi question dans les lettres tP 35 et 37.
GGETHE A KE8TNER.
Reçu à Wetzlarle 14 novembre 72, de Francfort.
Voilà de l'architecture allemande pour Kielmannsegge et tous*
Comment allez-vous et avez-vous parlé de moi au concert?
Vous avez, j'espère, reçu la lettre édifiante de Friedberg; je l'écrivis pour occuper mon âme, qui commençait à s'impatienter. De là je suis allé àHombourg, et j'ai commencé à aimer la vie, puisque la présence d'un misérable comme moi peut faire plaisir à de si excellentes créatures.
Adieu, je me repose ici ; lundi j'irai à Darmstadt, et mardi à Manheim, où j'espère avoir le plaisir de causer de Lolte avec Mlle Baschle.
GOETHE A KESTNER
Reçu à Wetalar le 15 novembre.
J'ai reçu aujourd'hui votre chère lettre pleine de souvenirs, et je dois au moins tous dire combien elle m'a fait de plaisir et combien je vous aime.
Lotte sait bien qu'il loi est permis de dire ce qu'elle veut ; moi, pauvrediable Je suis toujours dans le plus grand désavantage. Malgré tout cela Lotte et les choses restent comme elles étaient.
Voici un exemplaire de l'architecture pour Falck.Où ea sont mes têtes *? Occupez-vous-en bien. Voudriez-vous bien dire à Wandrer que j'ai pris des informations sur les oignons ; les amateurs m'ont assuré qu'il était trop tard, qu'il fallait s'en occuper au mois de septembre, que les bons étaient déjà tous choisis. Malgré cela j'en ai fait demander chez l'Italien, qui m'a fait dire qu'il n'y en avait plus, car à cette époque ils poussent déjà.
1 11 parle de silhouettes.