GOETHE A KESTNER ET LOTTE
9 jmlllet 1776, Weimar.
Mes chers enfants, il y a tant de choses qui m'agitent. Autrefois c'étaient mes propres sentiments; maintenant ce sont en outre les embarras d'autres personnes que je dois supporter et arranger. Apprenez seulement ceci : je de~ meure ici et je puis y (jouir de la vie à ma façon et à me rendre utile à un des plus nobles coeurs. Le duc, avec lequel j'ai, depuis neuf mois, des rapports d'âme les plus sincère* et intimes, m'a attaché aussi à ses affaires. Que Dieu bénisse nos relations.
H m'a accordé siège et voix dans son conseil, et le titre de conseiller intime de légation. Noos avons d'excellentes espérances,
Il y a ici encore beaucoup d'hommes aimables qui votent avec satisfaction que je reste, ce qui peut-être n'est pas très-agréable à quelques autres. Adieu, gardez-moi votre affection.
Donnez-moi des nouvelles de vos enfants. Mattbœi m'a
remis une lettre.
GflETHE A KESTNËK.
Wartbourg, le 28 septembre 77.
lion cher Kestner, je ne tous ai pas oublié. Mais je garde le silence à l'égard de tout le monde, ce qu'ont déjà conseillé les anciens sages et ce qui me convient parfaitement. En attendant, on fait courir beaucoup de contes concernant ma personne, de même que mes contes les ont anmsés autrefois. Si c'est possible, écrives-moi plus souvent, même sans attendre une réponse. Croyez que je les apprécie, car j'y vois que vous vivez et que vous êtes heureux. Vous me demandez un conseil! C'est difficile de loin. Le meilleur conseil et à la fois le plus loyal et le plus éprouvé est : restez ou vous êtes. Supportez maints désagréments, chagrins, passe-droits, etc., parce que vous ne vous trouverez pas mieux quand vous aurez changé de séjour. Restez fidèlement et avec fermeté à votre place. Dirigez vos efforts sur un seul but. Vous êtes l'homme pour cela, et vous avancerez en restant, parce que tout ce qui est derrière vous recule. Celui qui change de position, perd toujours moralement et matériellement les frais de voyage et d'établissement et reste en arrière. Je te dis cela en ma qualité d'homme du monde, qui apprend peu à peu com-
ment les choses se passent. Écris-moi plus de détails de ta position. Je te donnerai peut-être un conseil plus positif.
Saine de ma part Lotte, et que Dieu vous protège tous et vos enfants.
Je demeure au Pathmos de Luther, et je m'y porte ^ussi bien que lui. Du reste, je suis le plus heureux des hommes que je connaisse. Cela te suffit
Salue de ma part Sophie '.
1 La sœur cadette de Lotte, en ce temps, en visite chez celle-ci à Hanovre.
GCETHE A KESTNER.
23 janvier 1778.
Je vous remercie de ce que vous m'avez envoyé, et je vous demande surtout les changements et les amendements auxquels je tiens le plus. Je yous en rembourserai volontiers tous les frais.
Je vous félicite de l'accroissement de votre famille et de sa guérison de la petite vérole. Ce sera bien à vous, quand je viendrai un jour vous voir, de pouvoir me présenter une demi-douzaine de ces petits personnages.
Saluez de ma part Lotte, et si mon style sent parfois le conseiller intime, toutle reste est pourtant, et hélas! comme il a été. Salue de ma part Sophie. Adieu.
Et Lotte, est-elle toujours si impertinente? Envoyezmoi donc vos silhouettes et celles de Sophie et des enfants.
GOETHE A KESTNER
25 janvier 1778.
(Test très-beau que noua nous rencontrions de nouveau. J'ai pensé, il y a quelques jours, à vous et j'allais vous demander comment vont les choses? J'ai faitdepuis longtemps le projet d'aller vous voir. Je le réaliserai peut-être un jour et je vous trouverai alors vous et vos cinq petits garçons gais et bien portante. Ce serait charmant si vous m'envoyiez bientôt une lettre de Camille à laquelle Lotte et ceux des enfants qui savent écrire ajouteraient quelques lignes. Cefa nous rapprocherait. Je vous enverrai bientôt quelque chose, car j'ai déjà plus de loisir pour penser à mes amis, quoique le travail augmente.
J'ai, en outre de mes fonctions de conseiller intime, la direction du département de la guerre et des chaussées, avec les caisses. L'ordre, la précision et la promptitude sont des qualités dont je tâche tous les jours d'acquérir un N peu.
Du reste, je suis dans les meilleurs rapports avec le monde d'ici ; j'acquiers de plus en plus l'affection et la confiance, et il ne dépendra que de moi d'être utile et heureux. Je demeure hors la ville, dans une très-belle vallée
où le printemps crée dans ce moment son chef-d'œuvre. Pendant notre dernier voyage en Suisse, tout s'est fait à souhait et nous sommes revenus chargés de quantité de choses excellentes.
Je remercie pour la déduction &ite par Hennings. Je ne connais pas le poème et toute l'affaire ne prouve pas des idées nettes. Adieu, salue de ma part ta femme et tes enfants, et gardez-moi votre affection.
GOBTHK.
Je n'ai pas douté qu' Oberon te plairait ; c'est un excellent poème. Quand un Allemand est poète, il l'est bien. Mes travaux littéraires sont subordonnés aux exigences de la vie. Cependant, suivant l'exemple du grand roi qui passa tous les jours quelques heures à jouer de la flûte, je me permets parfois un exercice du talent qui m'est particulier. J'ai écrit beaucoup, presque le double de ce qui a été imprimé. J'ai aussi beaucoup de projets, mais je manque de recueillement et de loisir pour les réaliser. J'ai taillé différentes choses pour un théâtre d'amateurs d'ici; je l'ai fait, il est vrai, d'une façon conventionnelle.
GCETHE A KESTNER.
Du 30 mai 1781. Reçu le 22 juin 81.
La bonne parole que j'ai reçue de vous m'a agréablement rencontré sous les beaux ombrages de mes arbres, où je suis habitué à supporter la joie et le chagrin.
Saluez de ma part Lotte et ses nombreux petits garçons. Quel plaisir si je pouvais aller vous voir !
Je deviens de jour en jour plus esclave, et j'appartiens principalement à la terre à laquelle nous devons retourner. L'énumération de vos faits et gestes dans votre petit domaine m'a fait du bien. Je ne puis pas vous dire de pareilles choses de moi, car je suis un homme isolé. Brandt * n'a passé que peu de temps avec moi.
J'envoie ci-joint à Lotte un petit épilogue. Qu'elle ne le prête à personne, pour qu'il ne soit pas imprimé. Adieu, comme autrefois.
GoBTHB.
1 Plus tard conseiller intime à Hanovre, aussi connu comme écrivain.
GCETHB A KESTNER.
15 mars 1785* Reçu le 23 mars 83.
Si je voulais vous rendre la pareille, je ne répondrais que dan* un an à votre lettre» Mais je cède à notre vieille amitié et je vous remercie de ce que tous m'avez envoyé.
Quelles télés ! Mais ne m'enviez pas mes arbres, vos petits garçons valent mieux. Saluez Lotte de ma part. Votre bonheur et celui de votre famille me cause beaucoup de joie.
Nous avons un prince-héritier bien portant ; ce qui not*^ a rendus bien heureux. Vous sentiez cela aussi bien qae moi.
Voici mon Iptùgènic. Je vous demande de me la rendre bientôt. Vous pouvez la montrer à quelques bons amis; mais dérobez-la aux regards des jeunes auteurs. Cela n'a pas une grande importance, mais il est fâcheux d'être produit par morceaux devant le public, ce qui m'est déjà arrivé souvent.
Que le style de ma dernière lettre ne voqs fâche pas «. Je serais le plus ingrat des hommes, si je n'avouais pas que
1 Cette lettre n'a pu être retrouvée.
j'ai une meilleure position que je ne mérite. Il est vrai que j'ai à souffrir de la chaleur et de la fatigue de cette existence, et alors il peut arriver qu'on devient parfois las et de mauvaise humeur. Adieu et pensez à moi au milieu de votre famille.
Goethe.
GOETHE A KESTNER
Le 2 mai 1783.
J'ai reçu, mon bon Kestner, par la poste, la lettre que devait m'apporter votre jeune ami *. Je le verrai donc plus tard. D'après ce que vous m'écrivez ce doit être un homme intéressant. La tragédie n'est pas mal; elle fait supposer que l'auteur n'est pas sans esprit. Mais elle ne contient rien de nouveau, de caractéristique, et il m'a semblé qu'elle manque de la veine poétique.
Je vous remercie de votre patience indulgente d'aujourd'hui et d'autrefois, et de votre bonne conduite envers moi. J'ai fait dans ma vie nombre d etourderies, qui me coûtent assez cher. Votre lettre m'a été justement dans ce moment-là fort agréable. — J'ai repris dans des heures calmes mon Werther, et, sans toucher aux parties qui ont fait tant de sensation, je pense le chausser de quelques degrés.
J'avais l'intention de faire d'Albert un caractère que
1 M. de Ramdohr, d'abord au service de Hanovre, plus tard de la Prusse, à la fin envoyé à Naples, auteur de divers écrits et de la tragédie en question.
pouvait bien méconnaître le jeune homme passioné, mais pas le lecteur; cela produira un effet excellent et longtemps désiré. J'espère que vous en serez satisfait.
Il semble, du reste, que lo sort vous traite en favori. D'abord, tant de garçons qu'on aurait dit qu'il y en avait assez, et ensuite la fille désirée, qui vient à propos. Que Dieu vous la conserve.
Peut-être aurai-je un jour une nouvelle pour Hans. Saluez Lotte, soyez heureux et gardez-moi votre affection.
an
FBAGMENT
D'UN BROUILLON DE lettre écrite far kestner a gobtbe.
Haaofre 1782.
Je vous remercie de m'avoir informé de votre projet de refaire Werther. Mais, mon bon et cher ami, je ne m'en réjouis que parce que j'espère que les passages inconvenants y pourront être adoucis et que vous voudrez me permettre à cet égard quelques observations. J'exprime cet espoir avec assurance en faisant appel à votre amitié. L'ardeur de la jeunesse a dû se calmer un peu depuis dix ans et céder à la réflexion plus froide de l'homme fait.
Je me rappelle que j'ai déjà fait, lorsque vous nous envoyâtes un exemplaire, quelques observations pour en arrêter la publication par la librairie. Mais c'était trop tartf, maintenant que le livre se trouve dans les mains de tout le monde, on ne pourra pas corriger radicalement tous les passages en question. Je ne possède plus cet exemplaire, on a dû me le voler. Je n'en veux pas empruntera d'autres un exemplaire, par les motifs exposés dans ma dernière lettre et pour ne pas faire deviner que j'étais informé de la nouvelle rédaction. Je vais me le faire venir par le
libraire pour le parcourir de nouveau arec attention et préciser mes observations. Pour le moment, voici ce que je pense, ce que je me rappelle.
i. Les soufflets donnés par Lotte nous ont été pénibles, à moi et à elle. Cet épisode n'est ni justifié par la véritable histoire,— ni en accord avec le caractère de cette Lotte que vous avez représentée. Ma chère Lotte du moins ne se serait jamais conduite ainsi. Bien qu'elle fût une jeune fille vive et pétulante , elle resta toujours demoiselle, et garda malgré cette vivacité et cette pétulance, toujours la délicatesse de son sexe.— Je ne trouve pas pour le moment un autre mot.
2. Le fait qu'elle ait donné à entendre à Werther, durant le bal, qu'elle était déjà fiancée, nous a aussi blessés ; Lotte, c'est-à-dire la mienne, quand c'est d'elle que vous avez parlé, n'aurait pu dire cela, attendu que nous n'avons jamais été engagés par une promesse formelle. Il est vrai, que nous nous comprenions réciproquement, que nous étions d'accord et inséparables. Mais notre engagement reposait sur une convention tacite. D'après les lois humaines, nous aurions toujours pu rompre. C'était de ma part une espèce de caprice, si vous voulez.
GCETHE A KESTNEIL
24 juin 1784.
J'aurais dû depuis longtemps vous écrire, car je ne vous ai pas encore remercié pour le bon accueil que vous avez fait à mon Ipfrigénie. Vous m'ayez fait un plaisir particulier en analysant cet ouvrage et en m'indiquant les parties que vous trouviez belles. Des louanges vagues et générales n'encouragent pas et n'enseignent rien.
J'ai reçu l'exemplaire renvoyé et aussi votre lettre datée de Zelle.
G.... a pu vous donner très-peu de mes nouvelles. Je n'ai pas de relations avec lui. C'est un fou qui se ruine.
J'apprends avec plaisir ce que vous m'écrivez de vos enfants. Celui qui a son univers dans sa famille est heureux. Reconnaissez bien votre bonheur et sachez que des positions plus brillantes ne sont guère à envier.
Les comtes de Stollberg sont venus nous voir. Leur visite nous a rappelé les temps passés et a consolidé de nouveau notre vieille amitié.
Saluez Lotte, et continuez à v<jus bien porter. Soyez heureux et gai au milieu des vôtres. Donnez-moi de temps en temps de vos nouvelles et conservez-moi votre affection.
Eisenach, 24 juin 1784. 6.
Saluez nommément Georges de ma part, et écrivezmoi bientôt.
GCETHE A KESTNER.
il janvier 1785.
Vous verrez, mon cher Kestner, par la feuille ci-jointe ce qui me détermine à vous écrire dans ce moment Je vous demande de me fournir le plus tôt possible des renseignements sur l'individu y mentionné. Il demeure à Milan et il pourra obtenir une place si ses indications sont reconnues vraies, et si Ton peut ajouter foi au reste.
Les capucins du mont Saint-Gothard, qui se sont souvenus de moi, m'ont écrit, par suite d'une demande de leurs amis de Milan. Me sachant un homme célèbre, ils ont cru que je ne pourrais être autre chose que professeur de Gœttingue et que je devais avoir des relations à à Hanovre. C'est ainsi que leur lettre est arrivée en Allemagne et m'a enfin trouvé ici. J'ai été cette année hien près de vous. Pourtant je n'ai pas pu aller vous voir. Quand est-ce que nous nous reverrons? Presque tous mes amis sont venus une fois me voir.
Saluez votre femme et vos enfants de ma part et donnez-moi bientôt de vos nouvelles. Quant à moi , on n'en peut rien dire sans me voir en face. Adieu ! Répondez bientôt et ne cessez pas de m'aimer.
La feuille et le dossier joints à cette lettre, concernant la commission donnée à Kestner, n'ont pas été reproduits ici, parce qu'ifs n'offrent pas d'intérêt.
GŒSBE A KBBTNBR.
25 avril 1785.
Je vous remercie beaucoup* m*n cher Kestner, pour les nouvelles que vous m'avez données. J'ai répondu aux capucins et c'est à eux d'interpréter ma réponse comme ils pourront
J'ai .appris avec infiniment de plaisir que vous vous portez bien, yous et les vôtres, et que vous faites un heureux ménage. Que le ciel vous conserve cette position !
Saluez' bien de ma part Lotte et la petite Amélie * et ce bon Georges. Dites-lui de m'écrire plus souvent. Ce doit être m brave petit garçon. La collection de minéraux offerte au public par Voigt, notre secrétaire des mines, n'est pas destinée à des enfants, mais plutôt à des amateurs qui désirent se faire une idée exacte des diverses formations de montagnes, dont on parle maintenant tant.
D'après le livret ci-joint, la collection contient les espèces de pierres décrites dans les lettres, et elle vaut son argent pour quelqu'un qui porte intérêt à cette science et veut s'instruire.
Si vous désirez pour vos enfants une petite collection de minéraux , je pourrais vous en foire composer une, car j'ai assez de telles choses.
Adieu. Pensez à moi. G.
1 La sœur cadette de Lotie. Elle séjourna pendant plusieurs années à Hanovre, dans la maison de Lotte.
nt
GCBTPHB A RESWfflHU
i" septembre 1795.
Votre lettre, mon cher Kestner, m'a cherché vainement dans ces contrées; je n'ai pas suivi la cour, et tandis que vous m'écriviez, je me trouvais assez loin de vous, à Carlsbad.
Que j'aurais été enchanté de vous revoir, de prendre part à vos joies et à vos peines, et de nous rappeler les anciens temps ! La mort de votre fille me cause beaucoup de chagrin. Je vois dans la famille de Herder combien une telle petite femme fait de bien au milieu de tant de garçons. Comme vous êtes des arbres toujours fertiles, vous devez tâcher de réparer cette perte. Saluez cordialement Lotte de ma part. Je pense qu'elle m'aime encore un peu, et moi, je ne changerai jamais, tant que je vivrai, mes sentiments pour elle.
Adieu. Tout^ autour de moi est encombré de papiers; c'est pour cela que je n'écris pas davantage.
GGETHE A KESTNER.
4 décembre 1785 ; te réponse est du 2 avril 86. Depuis que j'ai reçu votre lettré, mon cher Kestner, je n'ai pu me consoler de votre sort, que vous supportez si courageusement '• Vous avez été pour moi, jusqu'ici, l'idéal d'un homme heureux, par l'ordre et par la modération des désirs; et votre vie exemplaire, avec votre femme et vos enfants, a été pour moi un tableau qui m'a réjoui et rasséréné. Mais quelles tristes réflexions me sont inspirées par les événements qui vous ont surpris ! Seulement votre noble exemple me rend le courage. C'est beaucoup, quand un homme ne s'abandonne pas lui-même en un cas pareil. Soyez convaincu de mon intérêt cordial, car ma vie dans le monde n'a fait que me rendre mes anciens amis plus chers. Je vous remercie pour votre lettre si riche de détails et pour votre ferme confiance en ma sympathie. Adieu, saluez Lotte et les enfants de ma part. Les eaux ont produits de bons effets et je me porte très-bien.
1 Kestner avait perdu une portion considérable de sa fortune. La cause de cette perte l'avait rendue encore plus douloureuse.
128, GGETHE A KESTNER.
16 juin 1786.
Votre docteur Riedel m'a beaucoup plu, et en général, il a eu ici beaucoup de succès. Donnez- moi quelques renseignements sur lui, sa famille, son caractère, sa vie passée, et surtout sur ses espérances. Peut-être trouverait-on une position pour lui dans notre pays. Mais n'en dites rien ni à lui ni à d'autres.
Je désire avoir bientôt ces renseignements, parce que je partirai vers la fin du mois pour Carlsbad ; en tout cas adressez votre lettre ici. Je me porte bien et je vous aime. Quand nous reverrons-nous? Saluez Lotte et les vôtres, et conservez-moi votre affection.
asa
GOETHE A KESTNER
21 jmttet 1786,
La poste d'aujourd'hui porte au docteur Riedel une proposition pour le cas où il voudrait donner ses soins à notre prince héréditaire. Cette offre n'est qu'en ternies généraux, cependant sa réponse amènera des choses plus précises. N'en parle encore à personne. Notre duchesse vient d'accoucher heureusement d'une princesse qui a été baptisée aujourd'hui. Lavater a passé par ici; je vois avec plaisir qu'il a fiiit partout une impression favorable.
Je partirai enfin le 24 pour Carlsbad, s'il n'y a pas de nouvelles difficultés. Adieu, saluez Lotte et les vôtres de ma part, et conservez-moi votre affection.
C'est ma réponse à votre lettre du 16 juillet, que j'ai reçue aujourd'hui.
4KN
GGBFBB A KBSïPNBR.
Rome, le 19 février 87.
• Je vous envoie quelques mots et un salut par l'intermédiaire de M» de Pape, qui retourne en Allemagne. J'ai été plutôt emporté à Rome que je n'y suis allé» et maintenant je ne peux dire les jouissances heureuses que je trouve ici. Je voudrais bien vous en communiquer une portion.
Le docteur Riedel est arrivé chez nous et a été nommé conseiller. J'aurais désiré pouvoir lui être utile dès le commencement, mais je pense que l'occasion s'en présentera.
Adieu, souvenez- vous de moi, et saluez de ma part Lotte, les en&nts et tout le monde près de vous. J'ai la tête toute troublée parce que je vois et car mes travaux, par le beau temps et par toutes les folies du carnaval. Adieu.
GOETHE A KESTNER
Rome, le 24 octobre 1787.
M. Rehberg * m'a rencontré encore ici et m'a remb aujourd'hui votre lettre du 18 mai, tandis que j'en avais déjà reçu une de Wetzlar. Ma mère m'écrit aussi que vous êtes allé la voir et qu'elle a pris Lotte en grande affection. Je me réjouis de votre bonheur au milieu des vôtres. C'a dû être à Wetzlar une véritable fête de famille.
Je passerai encore l'hiver prochain en Italie, et c'est un grand bonheur pour moi que cela soit possible.
Je serai charmé si M. Rehberg s'accorde avec nous, et si je puis lui être utile.
Mes œuvres se sont sans doute présentées chez vous. Les autres volumes suivront à mesure qu'ils seront publiés.
Saluez cordialement de ma part Lotte et Amélie. J'ai appris qu'un de vos petits s'est très-bien accordé avec ma mère.
Que cette lettre vous trouve tous en bonne santé et
contents.
Goethe.
1 Plus tard conseiller intime de cabinet de Hanovre, écrivain spirituel de renom.