SUR LA ROCHEFOUCAULD. X11J
ment ; il y corrompt le germe de toutes les vertus , quoiqu il puisse y mettre en activité des qualités brillantes qui ressemblent à des vertus.
C’est ce que M. de la Rochefoucauld ne pouvoit manquer de sentir. Ainsi , quoiqu’il eût été une partie de sa vie engagé dans des intrigues de parti, où sa facilité et ses liaisons sembloient l’entretenir malgré lui , on voit que*son caractère le ramenoit à la vie privée , où il se fixa enfin , et où il sut jouir des charmes de l’amitié et des plaisirs de l’esprit.
On connoît la tendre amitié qui l'unit jusqu'à la fin de sa vie à M“* de la Fayette. Les
XÎV NOTICE
Lettres de Mme de Sévigné nous apprennent que sa maison étoit le rendez-vous de ce qu’il y avoit de plus distingué à la cour et à la ville par le nom, l’esprit , les talents et la politesse.
C’est au milieu de cette société choisie qu’il composa ses Mémoires et ses Réflexions morales.
Ses Mémoires sont écrits avec . une élégance noble et un grand air de sincérité ; mais les évènements qui en font le sujet ont beaucoup perdu de l’intérêt qu’ils avoient alors. On ne peut trop s’étonner que Bayle (a) ait donné la préférence à ces
(a) Dictionn. critique, art. Césab.