XXIJ NOTICE
maniéré touchante les derniers moments de cet homme célébré. « Son état, dit -elle, est « une chose digne d’admira- « tion. Il est fort bien disposé « pour sa conscience ; voilà qui « est fait : mais du reste , c’est « la maladie et la mort de son « voisin dont il est question; il « n’en est pas effleuré. ... Ce « n’est pas inutilement qu’il a « fait des réflexions toute sa « vie ; il s’est approché de telle « sorte de ces derniers mo- « ments , qu’ils n’ont rien de « nouveau ni d’étrange pour « lui. » . (
Il mourut en 1680, laissant une famille désolée, et des amis inconsolables.
SUR LA ROCHEFOUCAULD. X*iij
U avoit reçu de ses ancêtres un nom illustre ; il l’a transmis avec un nouvel éclat à des descendants dignes d’en accroître l’honneur. 11 y a des qualités héréditaires dans certaines familles. Le goût des lettres semble s’être perpétué dans la maison de la Rochefoucauld avec toutes les vertus des moeurs anciennes, unies à celles des temps plus éclairés.
Charles-Quint , à son voyage en France, fut reçu, en îôSg, dans le château de Y erteuil, par l’aïeule du duc de la Rochefoucauld. En quittant ce château , l’empereur déclara , suivant les paroles d’un historien contemporain , n'avoir jamais entré
xxiv • If 0 T I C E en maison qui mieux sentit sa grande vertu , honnêteté et seigneurie , que celle-là. Un. suc* cesseur de Charles-Quint auroit pu faire la même observation chez les descendants de l’auteur des Maximes .
Le dernier des descendants du duc de la Rochefoucauld qui ait porté le titre de duc l’a honoré par ses vertus , ety a ajouté une triste illustration par sa fin à jamais déplorable. Député de l’ordre de la noblesse aux étatsgénéraux, en 1 789, il s’y montra ce qu’il avoit été à la cour du monarque , l’ami sincere de la liberté, et le zélé défenseur des droits du peuple ; il y donna sans effort l’exemple de tous les sacrifices de fortune et de