‹ Maximes (volume 2)Chapitre 15 sur 85 · I. Voir le Misanthrope, acte III, scène i · texte numérisé non relu

I. Voir le Misanthrope, acte III, scène i

PRÉFACE

pouvait avoir dans l'intérêt même de la royauté. Molière attaquait ce qu'il regardait comme des travers. Il prenait ses personnages parmi ceux qui comptaient alors pour quelque chose, qui, en un mot, faisaient figure dans le monde : et les nobles marquis ou barons étaient assez nombreux, on le sait; tant pis pour les ducs et pairs s'ils ressemblaient aux barons et aux marquis.

Molière n'eut pas l'honneur d'entrer à l'Académie ; son métier, pour employer un mot qu'on admire dans les mémoires de Louis XIV parlant des fonctions royales, était un obstacle infranchissable. On pouvait impunément endormir le public par des ouvrages insipides et pénétrer dans le temple élevé aux belles-lettres par le cardinal de Richelieu, mais l'étiquette voulait qu'on laissât à la porte l'auteur de Tartuffe, parce que, non content d'écrire des chefs-d'œuvre, il ne rougissait pas d'interpréter les principaux rôles des pièces représentées dans son théâtre. D'ailleurs, si l'Académie française devait s'ouvrir aux hommes de lettres, il est juste de reconnaître qu'ils s'y trouvèrent longtemps en minorité; et les grands seigneurs ne dédaignèrent pas de se mettre sur les rangs sans apporter

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