‹ Maximes (volume 2)Chapitre 14 sur 85 · PRÉFACE XXV · texte numérisé non relu

PRÉFACE XXV

chacun pour soi son peintre au physique et au moral; La Rochefoucauld a cédé à l'empire de la mode, voilà l'acte de faiblesse, et il l'a sans doute expié en écoutant, quelques années après, le marquis Acaste se dépeindre lui-même dans le Misanthrope '.

N'est-il pas admissible que Molière, en traçant ce portrait, avait sous les yeux la page de La Rochefoucauld, à laquelle il emprunte même des expressions, des tours de phrases et certaines transitions. Molière a chargé un peu; c'était son devoir. Le duc et pair n'était plus à l'âge où l'on va faire du tapage sur les bancs d'un théâtre : les quelques traits généraux empêchaient d'ailleurs les vers de devenir une personnalité blessante. Molière ne fut pas pour cela irrévérencieux, seulement il remplissait, lui aussi, à sa façon, son rôle de moraliste, et La Rochefoucauld ne dut pas être froissé de la leçon indirecte que le grand poète lui donnait.

On a dit que Louis XIV avait livré en pâture les marquis et les barons à la verve satirique de Molière. Nous avons peu de confiance en cette légende, qui plait sous un régime démocratique; mais c'est prêter à Louis XIV un dessein qu'il ne

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