PREFACE XXIX
alors que le roi est tout dans la nation. Nous ne lisons plus, nous n'osons même plus citer les morceaux de cette éloquence académique dont le prince était l'objet unique. L'ennui, pour ne pas dire plus, nous prendrait bien vite, si nous étions forcés de consacrer deux ou trois heures à méditer sur ces solennelles platitudes. Bossuet, Fénelon , Racine, enfin ceux qu'on appelle les maîtres de la langue et de la pensée, ont offert leur encens à l'idoUj et cet encens saisit vite l'odorat. Que serait-ce, si nous entendions un thuriféraire moins habile? Transportons-nous à la date du i3 août 1674. L'abbé Huet, alors sous-précepteur du dauphin, le seul qui ne trouvât pas grand'chose à louer sans réserve dans les Maximes, l'abbé Huet était reçu dans la docte Compagnie sans avoir encore publié une ligne. De son discours, je prends l'éloge du roi : « Aquoy me suis-je occupé jusqu'ici? pourquoy me suis-je arresté si longtemps à admirer dans l'antiquité des exemples de vertus que je croyois sans égales ? Nostre âge les a toutes ramassées, plus grandes et plus pures, dans la personne du monarque à qui le Ciel nous a soumis pour nostre bonheur. Je puis trouver en lui la valeur du plus vaillant des Grecs, sans y trouver ses emportements et ses autres défauts. J'y puis trouver le mesme désir de gloire que dans le plus grand des