XXXV! PREFACE
<^Je n'ai jamais reçu d'argent du roi; j'ai toujours vécu de mon patrimoine : car les biens de Mademoiselle, à qui j'ai appartenu, étoient des biens de patrimoine, et, hors de ce temps, j'ai vécu et vis encore du mien. »
On pourrait répondre qu'un académicien était alors un pensionnaire du roi, et Segrais était académicien depuis 1662.
Et quand Mademoiselle, à qui il appartenait, écrivait en août i665 le billet suivant à Colbert, il est permis de penser qu'elle était écoutée :
« M. de Segrais, qui est de l'Académie et qui a beaucoup travaillé pour la gloire du roi et pour le public, ayant été oublié l'année passée dans les gratifications que le roi a faites aux beaux esprits, m'a priée de vous faire souvenir de lui : c'est un certain homme de mérite, et qui est à moi il y a longtemps. J'espère que cela ne vous nuira pas à vous obliger à avoir de la considération pour lui. C'est ce que je vous demande et demeurerai. Monsieur Colbert^ votre affectionnée amie, Charlotte-Marie-Louise d'Orléans. »
Colbert dut, sans doute, bien accueillir la réclamation de Mademoiselle, lui qui en i663 accordait 2,000 livres « au sieur Ménage, excellent pour la critique des pièces » .
D'après Segrais, le chef-d'œuvre de Pascal, les