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IV. DE LA CONVERSATION

CE ai fait que si peu de personnes sont agréables dans la conversation, c’est que chacunssongesplus à e i i à i . Il faut écouter ceux qui parlent, si on en veut être écouté ; il faut leur laisser la liberté de se faire entendre, et même de

dire des choses inutiles. Auldiewdeldescontredire 1 ou de

les i comme on fait souvent, on doit, au contraire, — FA Arr ve ût; MmOn-

trer qu’on les entend, leur parler de ce qui les touche, louer ce qu'ils disent autant qu’il mérite d’être loué, et faire voir que c’est plus par choix qu’on le loue? que par complaisance. Il faut éviter de contester sur des choses indifférentes, faire rarement des questions inutiles’, ne laisser jamais croire qu’on prétend avoir plus de raison que les autres, et céder aisément l'avantage de décider“.

IV. DE LA CONVERSATION. N° 5 des deux éditions du XVIII° siècle. — Pour cette réflexion, l'édition Brotier donne (de même que le manuscrit Herbert) un texte très différent (cf. notice, pp. 178 sq.). On le trouvera ci-dessous dans les notes, alinéa par alinéa.

r. Ch de même que l'édition de 1731, donne contraindre au lieu de contredire.

2. G : c'est plutôt bar choix qu'on le loue. — Ch et éd. de 1731 : c'est plus par choix qu'on les loue.

3. G (seul) : des questions qui sont presque toujours inutiles.

4. Voici cet alinéa dans la version de Brotier : « Ce qui fait que peu de personnes sont agréables dans la conversation, c’est que chacun songe plus à ce qu'il 4 dessein de dire qu’à ce que les autres disent, et que l'on n'écoute guère quand on a bien envie de parler. Néan-

On doit dire des choses naturelles, *faciles et plus ou moins sérieuses, selon l'humeur et l’inclinaison des personnes que l’on entretient,

à it, ni Mê É . Quand on a satisfait de cette sorte aux devoirs de la politesse, on peut dire ses “sentiments, sans prévention et sans Opiniàtreté, en faisant paraître qu'on cherche à les appuyer de l'avis de ceux qui écoutent.

Il faut éviter de-parler-longtemps.de-soi-même, et de se donner souvent pour exemple. On ne saurait avoir trop d'application à connaître la pente et la portée de ceux à qui on parle, pour se joindre à l'esprit de celui qui en a le plus, et pour ajouter ses pensées aux siennes, en lui faisant croire, autant qu'il est possible, que c’est de lui qu'on les prend. Il y a de l’habileté à n’épuiser pas les

sujets qu’on traite, et à ee On ne doit juni parer avec des air autorité,

moins 1l est nécessaire d'écouter ceux qui parlent; il faut leur donner le temps de se faire entendre, ef souffrir même qu'ils disent des choses inutiles. Bien loin de les contredire ef de les interrompre, on doit, au contraire, entrer dans leur esprit et dans leur goût, montrer qu’on les entend, louer ce qu'ils disent autant qu’il mérite d’être loué, et faire voir que c’est plutôt par choix qu’on /es loue que par complaisance. Pour plaire aux autres, 1l faut parler de ce qu'ils aiment, et de ce qui les touche, éviter les disputes sur des choses indifférentes, /eur faire rarement des questions, et ne /ewr laisser jamais croire qu’on prétend avoir plus de raison qu’esx. »

s. Version de Brotier pour cet alinéa : « On doit dire /es choses d'un air plus ou moins sérieux, et sur des sujets plus ou moins relevés, selon l'humeur et la capacité des personnes que l’on entretient, et leur céder aisément l'avantage de décider, sans les obliger de répondre, quand ils n'ont pas envie de parler. Après avoir satisfait de cette sorte aux devoirs de la politesse, on peut dire ses sentiments, er montrant qu'on cherche à les appuyer de l'avis de ceux qui écoutent, s4»s marquer de présomption ni d'opiniätreté. » }

6. Version de Brotier pour cet alinéa : « Évitons surtout de parler souvent de nous-mêmes et de nous donner pour exemple : rien n'est plus désagréable qu'un homme qui se cite lui-même à tout propos. On ne peut aussi apporter trop d'application à connaître la pente et la portée de ceux à qui l'on parle, se joindre à l'esprit de celui qui en a le plus, sans blesser l'inclination ou l'intérêt des autres par cette préférence. Alors on doit faire valoir toutes les raisons qu'il a dites, ajoutant modestement

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