DU RAPPORT DES HOMMES AVEC LES ANIMAUX
Il y a des oiseaux qui ne sont recommandables que par leur ramage ou par leurs couleurs$. Combien de perroquets, qui parlent sans cesse, et qui n’*entendent jamais ce qu'ils disent; combien de pies et de corneilles, qui ne s’apprivoisent que pour dérober; combien d’oiseaux de proie, qui ne vivent que de rapine; combien d'espèces d'animaux paisibles et tranquilles, qui ne servent qu’à nourrir d’autres animaux!
Il y a des chats, toujours au guet, “malicieux et *infidèles, et qui font patte de velours; il y a des vipères dont la langue est venimeuse, et dont le reste est utile?; il y a des araignées, des mouches, des punaises et des puces, qui sont toujours *incommodes et insupportables; il y a des crapauds, qui font horreur, et qui n’ont que du venin: il y a des hiboux, qui craignent la lumière. Combien d'animaux qui vivent sous terre pour se conserfver! Combien de chevaux, qu’on emploie à tant d’usages, et qu’on abandonne quand ils ne servent plus; combien de bœufs, qui travaillent toute leur vie pour enrichir celui qui leur impose le joug; de cigales, qui passent leur vie à chanter; de lièvres, qui ont peur de tout; de lapins, qui s’épouvantent et rassurent$ en un moment; de pourceaux, qui vivent dans la *crapule et dans l'ordure®:; de canards “privés, qui trahissent leurs sem-
proche le plus est donnée par les Hiéroglyphiques de Jean-Pierre Valérian vulgairement nommé Piérius publiés en traduction française à Lyon en 1615 : « Aucuns aussi n'ont point mauvaise grâce de désigner par l’image du paon les prodigues qui ruinent tout par leur luxe » (p. 297). D'autre part, Maurice de La Porte dans ses Eprthètes françaises (1594) avait montré le paon cassant les œufs de sa femelle (f 300).