G : de l'Angleterre
de puissances contre nous. Il semble néanmoins que ceux qui ont désiré ce mariage, et ceux qui y ont été *contraires, n’ont pas “connu leurs intérêts : le grand trésorier d'Angleterre a voulu adoucir le Parlement et se garantir d'en être attaqué, en portant le Roi son maître à donner sa nièce au prince d'Orange, et à se déclarer contre la France; le roi d'Angleterre a cru affermir son autorité dans son royaume par l'appui du prince d'Orange, et il a prétendu engager ses peuples à lui fournir de l’argent pour ses plaisirs, sous prétexte de faire la guerre au roi de France et de le contraindre à recevoir la paix; le prince d'Orange à eu dessein de soumettre la Hollande par la protection d'Angleterre 4 ; la France a appréhendé qu'un mariage si opposé à ses intérêts n’emportât la balance en joignant l’ Angleterre à tous nos ennemis, L’*événement a fait voir, en six semaines, la fausseté de tant de raisonnements : ce mariage met une défiance éternelle entre l'Angleterre et la Hollande, et toutes deux le regardent comme un dessein d’opprimer leur liberté; le parlement d’Angleterre attaque les ministres du Roi, pour attaquer ensuite sa propre personne; les Etats de Hollande, lassés de la guerre et jaloux de leur liberté, se repentent d’avoir mis leur autorité entre les mains d’un jeune homme ambitieux, et héritier présomptif de la couronne d'Angleterre; le roi de France, qui a d’abord regardé ce mariage comme une nouvelle ligue qui se formait contre lui, a su s’en servir pour diviser ses ennemis, et pour se mettre en état de prendre la Flandre, s’il n'avait préféré la gloire de faire la paix à la gloire de faire de nouvelles conquêtes5t.
Si le siècle présent n’a pas moins produit d’événements extraordinaires que les siècles passés, on convien-