‹ MaximesChapitre 227 sur 457 · XIV. Texte modifié à partir de la 2° éd · texte numérisé non relu

XIV. Texte modifié à partir de la 2° éd

Les hommes ne sont pas seulement sujets à perdre le souvenir des bienfaits et des injures; f/5 haïssent même ceux qui les ont obligés, et cessent de haïr ceux qui leur ont fait des outrages. L'application à récompenser le bien, et à se venger du mal, leur paraît une servitude à laquelle ils ont peine de se soumettre.

La clémence des princes est souvent une politique dont ils se servent pour gagner l'affection des peuples.

La clémence, dont nous faisons une vertu, se pratique tantôt pour la gloire, quelquefois par paresse, souvent par crainte, et presque toujours par tous les trois ensemble.

La modération, dans la plupart des hommes, n’a garde de combattre et de soumettre l’ambition, puisqu'elles ne se peuvent trouver ensemble, la modération n'étant d'ordinaire qu’une paresse, une langueur, et un manque de courage : de manière qu'on peut justement dire à leur égard que la modération est une bassesse de l’âme, comme l’ambition en est l’élévation.

La modération dans la bonne fortune n’est que l’appréhension de la honte qui suit l’'emportement, ou la peur de perdre ce que l’on a.

La modération des personnes heureuses est le calme de leur humeur, adoucie par la possession du bien.

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