‹ MaximesChapitre 247 sur 457 · XCIII. N° 8x de la 2° éd., 80 des suivantes. Texte modifié · texte numérisé non relu

XCIII. N° 8x de la 2° éd., 80 des suivantes. Texte modifié

2€ éd. : Ce qui os rend 57 changeants dans nos amitiés, c'est qu'il est aussi difficile de connaître les qualités de l'me qu'il est facile de connaître celles de l'esprit.

3%, 4° et 5° éd. : Ce qui nous rend si changeants dans nos amitiés, c’est qu'il est difficile de connaître les qualités de l’âme, et facile de connaître celles de l'esprit.

Dans la s° édition, cette maxime est suivie d’une maxime ajoutée (n° 81) :

Nous ne pouvons rien aimer que par rabbort à nous, et nous ne faisons que suivre notre goût et notre plaisir quand nous préférons nos amis à nous-mêmes; c'est néanmoins par cette préférence seule que la amitié peut être vraie et parfaite.

XCIV. N° 82 de la 2° éd., 81 des 3° et 4°, 83 de la 5° (par suite d’une interversion de cette maxime et de la suivante). Texte modifié :

2°, 3° et 4° éd. : L'amitié la plus désintéressée n’est qu’un commerce où notre amour-propre se propose toujours quelque chose à gagner.

s° éd. : Ce que les hommes ont nommé amitié n’est qu'une société, qu'un ménagement réciproque d'intérêts, et qu'un échange de bons offices: ce n'est enfin qu'un commerce où /’amour-propre se propose toujours quelque chose à gagner.

La réconciliation avec nos ennemis, qui se fait au nom de la sincérité, de la douceur et de la tendresse, n’est qu'un désir

de rendre sa condition meilleure, une lassitude de la guerre,

et une crainte de quelque mauvais événement.

Quand nous sommes las d'aimer, nous sommes bien aises que l’on devienne infidèle, pour nous dégager de notre fidélité.

Le premier mouvement de joie que nous avons du bonheur de nos amis ne vient ni de la bonté de notre naturel, ni de l'amitié que nous avons pour eux; C'est un effet de l’amourpropre qui nous flatte de l'espérance d’être heureux à notre tour ou de retirer quelque utilité de leur bonne fortune.

Nous nous persuadons souvent mal à propos d'aimer les gens plus puissants que nous; l'intérêt seul produit notre

XCV. N° 83 de la 2° éd., 8 des suivantes (interversion de cette maxime et de la précédente dans la 5° édition). Texte abrégé à partir de la 2° éd. :

La réconciliation avec nos ennemis n'est qu'un désir de rendre otre condition meilleure, une lassitude de la guerre, et une crainte de quelque mauvais événement.

XCVI. N° 84 de la 2° éd., 83 de la 3° et de la 4. Variantes :

2° éd. : que l’on »0#s devienne.

3° et 4° éd. : g4'on nous devienne.

Supprimée dans la 5° édition (MS 63).

XCVII. Supprimée dès la 2° édition (MS 17). Remplacée par la maxime que voici (85 de la 2° éd., 84 des suivantes) :

Il est plus honteux de se défier de ses amis que d’en être trompé.

XCVIIL N° 86 de la 2° éd., 85 des suivantes. Variantes à partir de la 2° :

Nous nous persuadons souvent d'aimer les gens plus puissants que nous; e{ néanmoins c'est l'intérêt seul gi produit notre amitié. Nous ne nous donnons pas à eux pour le bien que nous leur voulons faire, mais pour celui que nous en voulons recevoir.

amitié, et nous ne nous donnons pas à eux pour le bien que nous leur voulons faire, mais pour celui que nous en voulons recevoir.

Dans l’adversité de nos meilleurs amis, nous trouvons toujours quelque chose qui ne nous déplaît pas.

Comment prétendons-nous qu’un autre garde notre secret si nous n'avons pas pu le garder nous-mêmes ?

Comme si ce n’était pas assez à l’amour-propre d’avoir la vertu de se transformer lui-même, il a encore celle de transformer les objets, ce qu’il fait d’une manière fort étonnante ; car non seulement il les déguise si bien qu'il y est lui-même trompé, mais il change aussi l’état et la nature des choses. En effet, lorsqu'une personne nous est contraire, et qu’elle tourne sa haine et sa persécution contre nous, c’est avec toute la sévérité de la justice que l’amour-propre juge de ses actions; il donne à ses défauts une étendue qui les rend énormes, et il met ses bonnes qualités dans un jour si désavantageux qu'elles deviennent plus dégoûtantes que ses défauts. Cependant, dès que cette même personne nous devient favorable ou que quelqu'un de nos intérêts la réconcilie avec nous, notre seule satisfaction rend aussitôt à son

XCIX. Supprimée dès la 2° édition (MS 18). Remplacée par la maxime que voici (87 de la 2° éd., 86 des suivantes) :

Notre défiance justifie la tromperie d'autrui.

C. N° 88 de la 2° éd., 87 de la 3° et de la 4°. Variante à partir de la 2° : si nous %e pouvons le garder nous-mêmes.

Supprimée dans la s° édition (MS 64), et remplacée par la maxime que voici (n° 87) :

Les hommes ne vivraient pas longtemps en société s'ils n'étaient les dupes les uns des autres.

CI. N° 89 de la 2° éd., 88 des suivantes. Texte considérablement abrégé à partir de la 2° :

L'amour-propre nous augmente ou nous diminue les bonnes qualités de nos amis à proportion de la satisfaction que nous ävons d'eux: et nous jugeons de leur mérite par la manière dont ils vivent avec nous.

mérite le lustre que notre aversion venait de lui Ôter ; les mauvaises qualités s’effacent et les bonnes paraissent avec plus d'avantage qu'auparavant ; nous rappelons même toute notre indulgence pour la forcer à justifier la guerre qu’elle nous a faite. Quoique toutes les passions montrent cette vérité, l'amour la fait voir plus clairement que les autres; car nous voyons un amoureux, agité de la rage où l’a mis l'oubli ou l'infidélité de ce qu'il aime, méditer pour sa vengeance tout ce que cette passion inspire de plus violent; néanmoins, aussitôt que sa vue a calmé la fureur de ses mouvements, son ravissement rend cette beauté innocente, il n’accuse plus que lui-même, il condamne ses condamnations, et par cette vertu miraculeuse de l’amour-propre il ôte la noirceur aux mauvaises actions de sa maîtresse et en sépare le crime pour s’en charger lui-même.

L’aveuglement des hommes est le plus dangereux effet de leur orgueil: il sert à le nourrir et à l’augmenter, et nous ôte la connaissance des remèdes qui pourraient soulager nos misères et nous guérir de nos défauts.

GT

On n’a plus de raison, quand on n’espère plus d’en trouver aux autres.

CII. Supprimée dès la 2° édition (MS 19). Remplacée par la maxime que voici (90 de la 2° éd., 89 des suivantes) :

Tout le monde se plaint de sa mémoire, et personne ne Se plaint de son jugement.

CII. Supprimée dès la 2° édition (MS 20). Remplacée par deux autres que voici :

r° Une maxime numérotée 91 dans la 2° éd., 90 dans la 3° et la 4° :

1l n'y en a point qui pressent tant les autres que les paresseux lorsqu'ils ont satisfait à leur paresse, afin de paraître diligents.

Cette maxime a été à son tour supprimée (MS 65), et remplacée dans la s° édition par celle-ci (n° 90) :

Nous plaisons plus souvent dans le commerce de la vie par nos défauts que par nos bonnes qualités.

> Une maxime numérotée 92 dans la 2° éd., 91 dans les suivantes :

La plus grande ambition n'en a bas la moindre apparence lorsqu'elle se rencontre dans une impossibilité absolue d'arriver où elle aspire.

On a autänt de sujet de se plaindre de ceux qui nous apprennent à nous connaître nous-mêmes, qu’en eut ce fou d'Athènes de se plaindre du médecin qui l’avait guéri de l'opinion d’être riche.

GM

Les philosophes, et Sénèque surtout, n’ont point ôté les crimes par leurs préceptes : ils n’ont fait que les employer au bâtiment de l’orgueil.

- Les vieillards aiment à donner de bons préceptes, pour se consoler de n'être plus en état de donner de mauvais exemples.

CIV. N° 93 de la 2° éd., 92 des suivantes. Texte transformé :

2€ éd. : Détromper un homme préoccupé de son mérite est lui rendre un aussi mauvais office que fut celui que l'on rendit à ce fou d'Athènes qui croyait que tous les vaisseaux qui arrivaient dans le port étaient à lui.

3°, 4° et 5° éd.: Idem, sauf la suppression du mot /#1 dans que fut celui que l'on rendit.

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