CÉL
Qui considérera superficiellement tous les effets de la bonté qui nous fait sortir hors de nous-mêmes, et qui nous immole continuellement à l'avantage de tout le monde, sera tenté de croire que lorsqu'elle agit, l’'amour-propre s’oublie et s’'abandonne lui-même, ou se laisse dépouiller et appauvrir sans s'en apercevoir, de sorte qu’il semble que l’amourpropre soit la dupe de la bonté. Cependant c’est le plus utile de tous les moyens dont l’amour-propre se sert pour arriver à ses fins; c'est un chemin dérobé, par où il revient à lui-même, plus riche et plus abondant; c’est un désintéressement qu’il met à une furieuse usure; c’est enfin un ressort délicat avec lequel il réunit, il dispose et tourne tous les hommes en sa faveur.
CEE
Nul ne mérite d’être loué de bonté s’il n’a la force, et la hardiesse, d’être méchant : toute autre bonté n’est le plus souvent qu'une paresse où une impuissance de la mauvaise volonté.