‹ MaximesChapitre 283 sur 457 · CCXLVII. N° 233 à partir de la 2° édition. Variantes · texte numérisé non relu

CCXLVII. N° 233 à partir de la 2° édition. Variantes

2° éd. : Il y a dens les afflictions diverses sortes d'hypocrisie. Dans l'une, sous prétexte de pleurer la perte d’une personne qui nous est chère nous nous pleurons nous-mêmes; nous pleurons la diminution de notre bien, de notre plaisir, de notre considération. Ainsi les morts ont l’honneur des larmes qui ne coulent que pour /es vivants. Je dis que c’est une espèce d’hypocrisie, 2 cause que dans ces sortes d'affictions on se trompe souvent soi-même. Il y & #ne autre hypocrisie qui n'est pas si innocente, parce qu'elle impose à tout le monde : c’est l’affliction de certaines personnes qui aspirent à la gloire d’une belle et immortelle douleur. Après que le temps qui consume tout 4 fait cesser celle qu'elles avaient en effet, elles ne laissent pas d’opiniâtrer leurs pleurs, leurs plaintes, et leurs soupirs ; elles prennent un personnage lugubre et

et leurs soupirs; elles prennent un personnage lugubre, et travaillent à persuader par toutes leurs actions qu’elles égaleront la durée de tous leurs déplaisirs à leur propre vie. Cette triste et fatigante vanité se trouve d'ordinaire dans les femmes ambitieuses, parce que, leur sexe leur fermant tous les chemins qui mènent à la gloire, elles se jettent dans celui-ci, et s'efforcent à se rendre célèbres par la montre d’une inconsolable douleur. Il y a encore une autre espèce de larmes qui n’ont que de petites sources, qui coulent facilement et qui s’écoulent aussitôt : on pleure pour avoir la réputation d’être tendre, on pleure pour être plaint, ou pour être pleuré, et on pleure quelquefois de honte de ne pleurer pas.

CCXEVIR

Nous ne regrettons pas la perte de nos amis selon leur mérite, mais selon nos besoins et selon l'opinion que nous croyons leur avoir donnée de ce que nous valons.

travaillent à persuader par toutes leurs actions ge leur déplaisir ne finira qu'avec leur vie. Cette triste et fatigante vanité se trouve d’ordinaire dans les femmes ambitieuses. Comme leur sexe leur ferme tous les chemins qui mènent à la gloire, elles s'efforcent de se rendre célèbres par la montre d’une inconsolable zffliction. I] y a encore une autre espèce de larmes qui n’ont que de petites sources qui cowlent et se tarissent facilement : on pleure pour avoir la réputation d’être tendre, on pleure pour être plaint, or pleure pour être pleuré; et enfin on pleure pour éviter la honte de ne pleurer pas.

3° et 4° éd. : Idem, sauf la suppression de souvent (dans on se trompe souvent soi-même), et celle de et (dans ef enfin on pleure pour éviter la honte de ne pleurer pas).

5° éd. : Comme la 3° et la 4°, avec addition d’un membre de phrase :

Il y a dans les afflictions diverses sortes d’hypocrisie. Dans l’une, sous prétexte de pleurer la perte d’une personne qui nous est chère nous nous pleurons nous-mêmes; »ous regrettons la bonne opinion qu'il avait de nous; nous pleurons la diminution de notre bien...

CCXLVIIL. N° 234 dans les 2°, 3° et 4° éditions. Texte modifié :

Nous ne regrettons pas fo4jours la perte de nos amis par la considération de leur mérite, mais par celle de nos besoins et de la bonne opinion qu'ils avaient de nous.

Dans la 5° édition, cette maxime a été supprimée (MS 70), et remplacée par celle-ci:

C'est plus souvent par orgueil que par défaut de lumières qu'on s'oppose avec tant d'opiniâtreté aux opinions les plus suivies : on trouve les premières places prises dans le bon parti, et on ne veut point des dernières.

Nous ne sommes pas difficiles à consoler des disgrâces de nos amis lorsqu'elles servent à signaler la tendresse que nous avons pour eux.

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