CCLXXXIX
On s’est trompé quand on a cru qu'il n’y avait que les violentes passions, comme l'ambition et l'amour, qui pussent triompher des autres. La paresse, toute languissante qu’elle est, ne laisse pas d’en être souvent la maîtresse; elle usurpe sur tous les desseins et sur toutes les actions de la vie; elle y détruit et y consomme insensiblement toutes les passions et toutes les vertus.
GCEXE
De toutes les passions celle qui est la plus inconnue à nousmêmes, c'est la paresse; elle est la plus ardente et la plus maligne de toutes, quoique sa violence soit insensible, et que les dommages qu’elle cause soient très cachés; si nous considérons attentivement son pouvoir, nous verrons qu’elle se rend en toutes rencontres maîtresse de nos sentiments, de nos intérêts et de nos plaisirs; c’est la rémore qui a la force d’arrêter les plus grands vaisseaux, c’est une bonace plus dangereuse aux plus importantes affaires que les écueils, et que les plus grandes
rendons sont à proprement parler des biens que nous nous faisons à nous-mêmes par avance.
CCLXXX VIII N° 265 à partir de la 2° édition. Suppression du mot souvent.
CCLXXXIX. N° 266 à partir de la 2° édition. Texte modifié :
C’est se tromper que de croire qu'il n’y a#it que les violentes passions, comme l'ambition et l’amour, qui puissent triompher des autres. La paresse, toute languissante qu’elle est, ne laisse pas d'en être souvent la maîtresse; elle usurpe sur tous les desseins et sur toutes les actions de la vie; elle y détruit et y consume insensiblement /es passions et /es vertus.