‹ MaximesChapitre 311 sur 457 · Cf. la notice des Réflexions diverses, p · texte numérisé non relu

Cf. la notice des Réflexions diverses, p

des Maximes dans la collection des Grands Écrivains, connu seulement par les variantes de cette édition;

— le manuscrit Herbert (de Vitry-le-François), ainsi nommé du nom de l’auteur de l'édition abandonnée grâce à laquelle il est possible de s’en faire une idée précise.

Il va de soi qu'aux manuscrits l’on doit ajouter encore un autre texte ancien, non moins précieux : l'édition de Hollande de 1664, ce qui porte le nombre de ces versions à treize.

En fait le lecteur trouvera ici cinq textes différents, qui tiennent compte de neuf parmi ces treize documents :

— le texte 77 extenso du manuscrit de Liancourt, avec en notes les variantes du manuscrit Chapet;

— le texte 77 extenso de l'édition de Hollande:

— le texte de l’une des copies de 1663 (celle de la collection Smith-Lesouéf), avec en notes toutes les variantes de quelque intérêt fournies par les autres; cette version ne sera pas reproduite intégralement, mais donnée par référence aux précédentes;

— la version Barthélemy, également par référence aux textes précédents ;

— les parties connues du manuscrit Gilbert.

Cet ensemble se répartit de lui-même en deux catégories d'états du texte: 1° les états du texte à coup sûr antérieurs à la première édition, et présentant entre eux beaucoup d’analogies (Liancourt, copies de 1663, édition hollandaise) : 2° les manuscrits disparus au XIX° siècle, après avoir été communiqués aux éditeurs de La Rochefoucauld (Barthélemy et Gilbert). Nous allons revenir sur chacune de ces deux catégories; après quoi, il nous faudra dire quelques mots des quatre manuscrits que nous n’avons pas retenus.

Le manuscrit de Liancourt, les copies de 1663 et l'édition de Hollande.

Le manuscrit de Liancourt', que l’on publie ici d’après le

I. Ainsi appelé parce qu'il se trouvait au château de Liancourt à l’époque où Régnier l’a examiné.

fac-similé procuré par M. Marchand!, est un petit in-folio où alternent plusieurs écritures, l'écriture de La Rochefoucauld étant celle qui occupe le plus de place. Les maximes ne sont pas numérotées, ce qui rend leur découpage assez aléatoire”. Une particularité intéressante doit par ailleurs être signalée: des lettres placées en marge évoquent les mots-vedettes des maximes (e et s, initiales de enfance et sage, pour la maxime 1; 0, initiale de orguerl, pour la maxime 2; v et 4, initiales de vertus où de vices, et de amour-bropre, pour la maxime 3; pr, début de promettons, pour la maxime 4, etc.); ces lettres, contemporaines du manuscrit, sont toutes de la même main, celle de l’une des personnes ayant écrit le texte des maximes elles-mêmes ; elles se rapportent certainement à un projet de table alphabétique. — Quant au manuscrit Chapet, il s’agit d’une bonne copie du XVII° siècle, présentant, on le verra par les notes, un certain nombre de différences par rapport à l’original*.

L'édition de Hollande, dont on trouvera le texte à la suite de celui du manuscrit de Liancourt, est, on le sait, rarissime. Un seul exemplaire, semble-t-il, en existe dans une bibliothèque publique (Stadtbibliothek de Winterthur); c’est d’après lui que nous avons établi notre texte. L'ouvrage, un Elzevier de petit format (8X 13 cm), porte comme titre Sentences et Maximes de morale (sans nom d’auteur); l’adresse

1. Maximes et Réflexions morales de La Rochefoucauld, reproduction du manuscrit original, in-f°, Paris, 1931.

2. Le découpage que nous adoptons, en 272 maximes, est celui qu’a adopté aussi M. Marchand dans son édition des Œuvres complètes ; précédemment il avait fait état de 275 maximes (Les Manuscrits des « Maximes » de La Rochefoucauld, p. 12), de même que Régnier (appendice au tome I de l'édition G.EF, p. 199).

. 3. Ce manuscrit a été publié, sous un titre impropre : La Première Édition des Maximes de La Rochefoucauld, d'après un manuscrit inédit (Paris, 1927); mais cette édition comporte de nombreuses erreurs. Signalons qu’elle aussi présente 272 maximes, mais dont le découpage diffère de celui que nous adoptons pour le manuscrit de Liancourt. Les variantes de la copie Chapet offrent elles-mêmes peu d'intérêt; mais la comparaison de cette copie avec l’original permet d’en apprécier la valeur, ce qui est utile pour l'établissement du texte des Réflexions diverses, pour lesquelles il n'existe pas d’original; cf. swpra,

est : À La Haye, chez Jean et Daniel Steucker, et la date : 16641 Il n’y a ni avant-propos ni table d’aueune sorte. Les maximes sont nettement séparées (chacune forme un alinéa), mais non numérotées. À l’époque où Gilbert publiait les Maximes dans la collection G.E.F, cette édition, jalousement conservée par les quelques bibliophiles qui en possédaient des exemplaires, n’était pas connue, et l’on ne prenait pas au sérieux les mots de La Rochefoucauld sur la « méchante copie» qui a «passé» en Hollande?; c’est l’érudit belge Willems qui la fit connaître par une étude publiée à Bruxelles en 18795, et le libraire Morgand en donna en 1883 une réédition, qui n’est d’ailleurs pas rigoureusement fidèle, avec une préface d’Alphonse Pauly.

Quant aux copies de 1663, bien qu’elles soient, comme on la vu, connues depuis assez longtemps, personne jusqu'ici n’a cru nécessaire d'en reproduire le texte (Régnier avait toutefois pris la peine de relever les variantes présentées par celle du fonds français de la Bibliothèque Nationale). Nous verrons que ces copies sont en réalité importantes, puisqu'elles font le lien entre le manuscrit de Liancourt et l'édition de Hollande; n'est-ce pas une de leurs sœurs qui fut la «méchante copie» dont parle La Rochefoucauld ? Les quatre copies de ce type dont on dispose actuellement (celles de la Bibliothèque Nationale, celle du Sénat, et celle qui appartient à M. le marquis de Vasselot de Régné) portent le même titre : Sentences et Maximes de morale (comme l’édi-

1. Début de l’année, puisque le 6 février La Rochefoucauld parle déjà de cette édition comme ayant paru (lettre 39). Il se peut même que, datée de 1664, elle ait été imprimée à la fin de 1663 (comme la pote édition, datée de 1665, a un achevé d'imprimer d'octobre 1664).

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