Cf. ci-dessous, pp
3. Cf. H 105-106-107. — Encore un point sur lequel on peut réfuter la thèse de M. Moore : dans son article déjà cité de l’Awstralian Journal of French Studies (p. 39), il tire argument, pour établir l’antériorité du texte de l’édition hollandaise, du fait que ce développement fait bloc dans l'édition alors qu'il est en deux morceaux dans le manuscrit.
4. Dans la lettre 4 on trouve L 135, 146, 153, 147; dans la lettre 6, six maximes dont les numéros dans le manuscrit de Liancourt se situent dans la zone 148-156; dans la lettre 7, huit maximes dont les numéros dans L se situent dans la zone 181-189; dans la lettre 9, L 191, 187,
contenues dans les lettres avec l'édition de Hollande. Ici encore la conclusion s'impose : le manuscrit de Liancourt reflète un état très primitif des Maximes, enregistré vers le temps où elles étaient composées.
3° Cette argumentation prend encore plus de force lorsqu'on tient compte des copies de 1663. Leur texte, nous l’avons dit, comporte de nombreuses altérations. Or la plupart s'expliquent fort bien si l’on remonte au manuscrit de Liancourt, qui présente généralement (malgré des lapsus, même dans les parties écrites par l’auteur lui-même) un texte beaucoup plus correct!. D'autre part on retrouve dans les copies les 204 premières maximes du manuscrit de Liancourt, exactement dans le même ordre?, plus un groupe de maximes situées un peu plus loin dans le manuscrit (n°% 217, et 219 à 227); celles-ci ont été réparties au début et à la fin du texte des copies; tout à fait en tête fut placée la maxime 227 du manuscrit, bien propre en effet à servir en quelque sorte d’épigraphe à l’ensemble du recueil : « Les vices entrent dans la composition des vertus, comme les poisons entrent dans la composition des remèdes de la médecine...» Cela montre bien comment le texte des copies fut composé à partir de celui du manuscrit de Liancourt, à un moment déterminé; le plus vraisemblable est qu’il le fut alors que celui-ci comportait 204 maximes, et qu'il existait en outre un certain nombre de maximes non encore enregistrées, celles qui allaient deve-
196, 192 ; dans la lettre 12, L 246, 243, 244, 245, 256 ; dans la lettre 14, treize maximes dont les numéros dans L se situent dans la zone 257- 272; dans la lettre 15, L 267, 270, 260.
1. La maxime 197 dù manuscrit de Liancourt (« Il faut une certaine proportion entre les actions et les desseins qui les produisent, sans laquelle les actions ne font jamais tous les effets qu’elles doivent faire ») devient dans la copie Smith-Lesouëf : «Il faut une certaine proportion entre les actions et les desseins qui les produisent, ou les actions.ne font tous les effets qu’elles doivent faire » (SL 198), et dans les copies VR et BN : «Il faut une certaine proportion entre les actions et les desseins qui les produisent; les actions ne font tous les effets qu'elles doivent faire. »
2. À une seule exception près : la maxime 84 du manuscrit de Liancourt se trouve déplacée dans les copies (cf. SL 54, et la note). D'autre part la maxime 2, la fin de la maxime 42 et la maxime 158 des copies manquent dans le manuscrit de Liancourt.
LA ROCHEFOUCAULD. MAXIMES ne
nir ses maximes 217, et 219-227. Au reste la confection de ce manuscrit nouveau qui allait servir d’archétype aux diverses copies s’accompagna de modifications plus ou moins profondes que subirent nombre de maximes ! : il s'agissait d’une première tentative de mise au point de l’œuvre en vue, sinon d’une publication, du moins d’une certaine diffusion; comment, en effet, ne pas mettre l’existence des copies en rapport avec l’espèce de consultation par correspondance organisée par Mme de Sablé dans son entourage?, et — nous allons le voir — avec la publication de l’édition hollandaise ?
4° La comparaison du texte des copies avec celui de cette édition fait apparaître une parenté très étroite : le titre est le même, la première maxime également; les maximes ne se trouvent pas dans le même ordre, mais toutes celles de l’édition (à deux groupes d’exceptions près, que l’on ne trouve d’ailleurs dans aucun autre texte*) figurent aussi dans les copies; en revanche une vingtaine de maximes figurant dans les copies manquent dans l'édition, laquelle résulte manifestement d’un choix et d’un certain effort de classement. En outre les altérations et modifications du texte que l’on observe d’une part dans les copies, d’autre part dans l’édition, sont
1. Ce sont souvent des atténuations, par exemple sosvent à la place de toujours (cf. L 10 rapproché de SL 15). Ce sont aussi des améliorations et allégements, par exemple : « Les grands et les ambitieux sont plus misérables que les médiocres: il faut moins pour contenter ceux-ci que ceux-là » (SL 43), à la place de : « Comme la plus heureuse personne du monde est celle à qui peu de choses suffit, les grands et les ambitieux sont en ce point les plus misérables qu'il leur faut l'assemblage d’une infinité de biens pour les rendre heureux » (L 38). Le cas le plus curieux est celui de la maxime 121 du manuscrit de Liancourt, qui se présente comme un dicton populaire («Tout le monde est plein de pelles qui se moquent des fourgons »), et qui devient dans les copies (SL 123; la succession des maximes montre que c’est bien la même, mais présentée en tout autre style) : « Tout le monde trouve à redire en autrui ce qu’on trouve à redire en lui.»