Cfrules lettres 29 à
3. Il s’agit des maximes 108 et 109, et de la première partie de la maxime 110, d'une part, des maximes 152 à 155 d'autre part. Cf. notice des maximes posthumes, pp. 156 et 158.
très proches les unes des autres!, et nous conduisent, elles aussi, à l’idée d’un archétype commun.
Pour toutes ces raisons, je crois pouvoir conclure que le processus fut tel, ou peu s’en faut, que je l’ai suggéré. L'on ne saurait trop insister sur l'intérêt des copies de 1663 : elles fournissent le relais indispensable sans lequel on saisirait difficilement les rapports de l'édition hollandaise et du manuscrit de Liancourt (en gros, elles suivent l’ordre du second, mais c’est de la première que la rédaction du texte de leurs maximes est la plus proche).
Resterait à évoquer — nous le ferons en quelques mots — la question du passage de ces divers états du texte à l'édition de 1665. Sans aucun doute, cette édition est surtout tributaire du manuscrit de Liancourt, encore que La Rochefoucauld ait laissé de côté vingt-six des maximes qu’il contient, qu’il en ait au contraire ajouté, sauf erreur, soixante-neuf qui n’y avaient pas été enregistrées et qui furent probablement écrites au dernier moment?, et qu'il ait changé l’ordre et souvent modifié la rédaction des sentences. Mais on peut remarquer qu'il a tenu compte aussi de certaines suggestions de son travail de 1663, tel que nous le connaissons par les copies, voire de l'édition de Hollande elle-même. Ainsi, d’une certaine manière, l'édition originale de 1665 constitue l'aboutissement de tous les états antérieurs du texte.
1. Là encore, il est facile de le vérifier, en se livrant à une comparaison suivie des maximes de 1663 et de celles de 1664. Nous pourrions reprendre les exemples allégués plus haut (p. 393, n. 1, et p. 394, n. 1) : on verrait que l'édition de Hollande y donne un texte semblable ou analogue à celui des copies. — Dans bien des cas le texte de 1664 accentue une évolution discernable dans celui de 1663; par exemple le manuscrit de Liancourt dit ous les hommes sont cruels (x76), les copies les hommes sont cruels (178), et l'édition de Hollande /'on peut dire que la plupart des hommes sont cruels (xxo).
2. Pour les 26 maximes laissées de côté, cf. MP 1 à 26. Quant aux maximes ajoutées, nous disons prudemment szuf erreur en raison de la difficulté de faire des pointages indiscutables (il peut y avoir des discussions de détail). On remarquera que les dernières maximes de l'édition de 1665 (de 300 à la fin) sont étrangères au manuscrit de Liancourt, à une exception près (I 313).
3. Par exemple nous avons fait remarquer que le #ozjours de L ro (on est toujours satisfait de l'être par soi-même) a fait place à un souvent
Les manuscrits Barthélemy et Gilbert
Au premier abord, le lecteur des Œuvres inédites de La Rochefoucauld publiées par Édouard de Barthélemy serait tenté de laisser de côté la version des Maximes qu’elles contiennent : l'établissement du texte des Réflexions diverses nous a montré la médiocrité de cet ouvrage!, et la présence de nombreuses erreurs dans les concordances que Barthélemy indique entre les maximes de son manuscrit et celles des éditions renforce encore cette impression. Je pense cependant qu’on aurait tort de le faire. Que cette version soit corrompue, cela ne fait aucun doute; elle l’est même à tel point que l’éditeur ne saurait en être entièrement responsable. Il est clair que le manuscrit lui-même était de mauvaise qualité? (comme d’autres manuscrits des Maximes, on l’a vu), mais cela ne lui enlève pas tout intérêt.
En effet, si imparfait soit-il, il présente incontestablement un état original du texte, surtout par l’ordre dans lequel sont rangées les maximes*. On peut faire à ce sujet les remarques suivantes :
dans SL 15 et H 17; dans la 1° édition (1 119) il y a aussi souvent. — Nous avons aussi parlé de L 121 («Tout le monde est plein de pelles qui se moquent des fourgons ») devenant SL 123, H 7x et I 33 : « Tout le monde trouve à redire en autrui ce qu’on trouve à redire en lui ». — Autre exemple : la maxime 44 de la 1° édition (« L'intérêt, à qui on reproche d’aveugler les uns, est tout ce qui fait la lumière des autres ») reproduit le texte des copies (SL 194) et de l'édition de 1664 (H 160), alors que le manuscrit de Liancourt (L 192) donnait ce qui fait toute la lumière, et non tout ce qui fait la lumière. — Dernier exemple : la maxime 8 du manuscrit de Liancourt, suivie par la maxime 13 des copies, commence par les mots /es Français, tandis que l'édition de Hollande donne prudemment /es hommes (H 13); la 1° édition imite en cela l'édition de Hollande (I 14).