XXXII INTRODUCTION
plus tard à la fin de la vie de l’auteur; l’on peut en outre préciser que La Rochefoucauld semble y avoir surtout travaillé dans les premières et dans les dernières années de cette longue période.
3° Maximes et Réflexions diverses sont indépendantes du point de vue de leur structure, ainsi que du point de vue de l'effet recherché; mais elles sont connexes en ce sens que les unes et les autres évoquent, comme il est naturel, cértaines préoccupations permanentes ou momentanées de leur auteur. Aussi La Rochefoucauld n’a-t-il pas placé entre elles une barrière infranchissable, surtout dans les premières années de leur composition : plusieurs longues « maximes » de la première édition sont très proches de l'allure des Réflexions diverses?, et l’une d’elles, sur le mépris de la mort, sera toujours maintenue comme conclusion du recueil?.
La genèse et l’évolution des Maximes, on l’a vu, se sont effectuées en liaison avec l’activité de milieux intellectuels et mondains dont l’auteur a subi l'influence à des degrés divers. C’est de ce côté qu’il faut d’abord se tourner si l’on veut entreprendre de déterminer les sources de l'ouvrage. Les livres ne viendront qu’ensuite. Mais on a pu constater aussi qu'il serait difficile d’assigner exactement la place
1. C’est particulièrement vrai du grand texte sur l’amour-propre, qui avait déjà été publié précédemment (MS x). Le mot réflexion n'avait d’ailleurs pas un sens particulier pour La Rochefoucauld, qui n’aurait pas eu l’idée de l’opposer au mot maxime; il ne faut pas oublier que ses Maximes ont toujours eu pour titre Réflexions ou Sentences et Maximes morales, et que dans toutes les éditions le recueil commence, après l'avis au lecteur (et, pour la première, le Discours de La Chapelle- Bessé), par les mots Réflexions morales.
2. Il est à noter que cette coexistence de dissertations de quelques pages et de maximes n’est pas propre à La Rochefoucauld, et qu’elle semble de règle dans l'entourage de Mme de Sablé. Elle-même composa, concurremment avec ses Maximes, quelques courts traités; cf., dans le livre d’Ivanoff, La Marquise de Sablé et son salon, le texte de trois discours intitulés respectivement Contre les médecins (pp. 109- 120), Sur l'amitié (pp. 142-143) et Pour les enfants qu'on ne veut bas faire étudier à fond (pp. 150-156).