Ch : ce soit
2. La fin du manuscrit, à partir de la maxime 210, n’est pas de la main de La Rochefoucauld.
3. Le secrétaire a d’abord écrit g’1l ait, puis corrigé en gw'’elle ait.
[218] On n’est pas moins exposé aux rechutes des maladies de l’âme que de celles du corps; nous croyons être guéris bien que le plus souvent ce ne soit qu’un relâche ou un changement de mal; quand les vices nous quittent, nous voulons croire que c’est nous qui les quittons; on pourrait presque dire qu’ils nous attendent sur le cours ordinaire de la vie comme des hôtelleries où il faut successivement loger, et je doute que l'expérience même nous en peut {sc} garantir’ s’il nous était permis de faire deux fois le même chemin (#ax. 193, 192 et 191, Î 204, 203 et 202).
[219] Si l’on juge de l'amour par la plupart de ses effets, il ressemble plus à la haine qu’à l’amitié (max. 72, 1 82).
[220] On n’est jamais si ridicule par les qualités que l’on a que par celles qu’on affecte d’avoir (max. 134, 1 136).
[221] La durée de nos passions ne dépend pas plus de nous que la durée de notre vie (max. 5, I 5).
[222] Il y a beaucoup de femmes qui n’ont jamais eu de galanteries, mais je ne sais s’il y en a qui n’en aient jamais eu qu'unel (max. 73, 1 83).
[223] L'amour est à l’âme de celui qui aime ce que l’âme est au corps qu’elle anime (MS 13, I 77).
[224] Il n’y a point de déguisement qui puisse longtemps cacher l’amour où il est, ni le feindre où il n’est pas (4x. 70, I 80).
[225] Comme on n’est jamais libre d’aimer ou de cesser d'aimer, on ne peut se plaindre avec justice de la cruauté de sa maîtresse, ni elle de la légèreté de son amant (MS G2, I 87).
[226] La durée de l’amour et ce qu’on appelle ordinairement constance sont deux choses bien différentes : la première vient de ce que l’on trouve sans cesse dans la personne que l’on aime, comme dans une source inépuisable, de nouveaux sujets d’aimer, et l’autre vient de qu’on se fait un honneur de tenir sa parole (max. 176, I 185).
1. Le secrétaire a d’abord écrit, les deux fois, /411, puis corrigé en e.
[227] Les vices entrent dans la composition des vertus comme les poisons entrent dans la composition des plus grands remèdes de la médecine; la prudence les assemble, elle les tempère et elle s’en sert utilement contre les maux de la vie
[228] Les biens et les maux qui nous arrivent ne nous touchent pas selon leur grandeur, mais selon notre sensibilité (MP r6).
[229] La curiosité n’est pas, comme l’on croit, un simple amour de la nouveauté : il y en a d'intérêt, qui fait que nous voulons savoir les choses pour nous en prévaloir; et il y en a une autre d’orgueil, qui nous donne envie d’être au-dessus de tous ceux qui ignorent les choses, et de n’être pas au-dessous! de ceux qui les savent (max. 173, 1 182).
[230] On est souvent reconnaissant par principe d’ingratitude (max. 226, I 240).
[231] On fait souvent du bien pour pouvoir faire du mal impunément (#4x. 121, Î 125).
[232] Le refus des louanges est un désir d’être loué deux fois (max. 149, 1 154).
[233] On peut connaître son esprit, mais qui peut connaître son cœur ? (max. 103, Î 113)
[234] Le vrai ne fait pas tant de bien dans le monde que le vraisemblable y fait de mal (max. 64, I 73).
[235] La petitesse de l'esprit fait l’opiniâtreté (cf. la maxime suivante).
[236] On ne croit pas aisément ce qui est au-delà de ce que nous voyons (pour cette maxime et la précédente : max. 265, I 288).
[237] Ceux qui prisent trop leur noblesse ne prisent d’ordinaire pas assez ce qui en est l’origine (MP 17).
[238] Le désir de paraître habile empêche souvent de le devenir, parce qu’on songe plus à paraître aux autres qu'à être effectivement ce qu'il faut être (max. 199, 1 210).