XXXVIII INTRODUCTION
d’un connaisseur, auquel il écrit : «Je n'entends pas assez le latin pour oser m'en méler'.» Un grand liseur donc, du moins dans ses années inactives; un homme cultivé, qui savait le latin, mais non point à fond.
Les contemporains ont tout de suite trouvé des sources aux Maximes. L'un des doctes auxquels elles furent soumises en 1663 écrivit à Mme de Sablé : « ce n’est qu'une collection de plusieurs livres d'où l'on a choisi les sentences, les pointes et les choses qui avaient plus de rapport au dessein de celui qui a prétendu en faire un ouvrage considérable?. >» Un autre anonyme avait une impression différente : au lieu de voir dans les Maximes une compilation disparate, il pensait qu’elles s’inspiraient d’une source presque unique : « La plupart de ces Maximes ont été prises dun livre anglais assez mal traduit en français, intitulé : La Sonde de la conscience, fait bar un ministre anglais®. » Disons tout de suite que cette dernière allégation n’était pas soutenable : l'ouvrage en question, The Mystery of self deceiving, or a discourse of the Deceitfullness of Man's heart, par Daniel Dyke, publié à Londres en 1615, traduit en français par Jean Vernueil sous le titre La Sonde de la conscience (Genève, 1634), est, par son inspiration et son allure, plus comparable à La Fausseté des vertus humaines d’Esprit qu'aux Maximes de La Rochefoucauld 4 Il va d ailleurs de soi qu'aucune recherche se proposant de rattacher les Maximes à une source unique ou seulement centrale ne possède la moindre chance de réussir. Au contraire l idée qu elles pourraient recéler de nombreux emprunts faits à des sources variées doit être examinée.
Bien que La Rochefoucauld ne fasse presque pas de citations”, les érudits n’ont pas eu de peine à suggérer des cen-