‹ MaximesChapitre 388 sur 457 · Lettre de Mme de Guymené à Mme de Sablé · texte numérisé non relu

Lettre de Mme de Guymené à Mme de Sablé

E vous allais écrire quand j'ai reçu votre lettre pour vous || supplier de m'envoyer votre carrosse aussitôt que vous || aurez dîné. Je n’ai encore vu que les premières maximes, ||

à cause que j'avais hier mal à la tête; mais ce que j'en ai vu me paraît plus fondé sur l’humeur de l’auteur que sur la vérité, car il ne croit point de libéralité sans intérêt, ni de pitié; c’est qu’il juge tout le monde par lui-même. Pour le plus grand nombre, il a raison ; mais assurément il y a des gens qui ne désirent autre chose que de faire du bien.

Je crois vous avoir déjà mandé que je n’ai jamais souhaité d’Altesse de vous. Je n’ai garde d’en vouloir en sérieux, et en

dérision elle me choquerait. J'aurai l'honneur de vous voir |

après dîner si vous m’envoyez votre carrosse. 33. Lettre de Mme de Liancourt à Mme de Sablé. 1663.

E n’avais qu'une partie d’un petit cahier des maximes que vous savez, quand j'eus l'honneur de vous voir, et il débutait si cruellement contre les vertus qu’il me scanda-

lisa, aussi bien que beaucoup d’autres; mais depuis j'ai tout

plutôt que de la lettre précédente de Mme de Schonberg, que La Rochefoucauld demande communication dans une lettre à Mme de Sablé, que voici : « Ce dimanche au soir. — Je ne sais plus d'invention pour entrer chez vous; on m’y refuse la porte tous les jours. Je ne sais si la fille à qui j'ai parlé vous aura bien expliqué la grâce que je vous demande : c'est de me prêter pour une heure le discours que Mme de Schonberg vous a envoyé sur les maximes. Je vous supplie très humblement de ne me refuser pas. Outre l'envie que j'ai de le voir, il est même nécessaire pour une raison que j'aurai l'honneur de vous dire. Je vous donne toutes les sûretés que vous pouvez désirer pour le secret; mais, au nom de Dieu, ayez la bonté de m'envoyer cet écrit par le retour de ce laquais. » (Portefeuilles Vallant, t. II, fol. 146, autographe.)

Lettre 32. — Portefeuilles Vallant, t. Il, fol. 182-183.— La princesse de Guymené, fort janséniste, était une amie de longue date de Mme de Sablé. Bien que rien ne l'indique formellement dans le texte, cette lettre est certainement antérieure à la publication des Muximes, et contemporaine des précédentes.

Lettre 33. — Portefeuilles Vallant, t. Il, fol. 193. Il est manifeste que les Mauxrmes n'étaient pas encore imprimées lors de la rédaction

de cette lettre. — La duchesse de Liancourt était, par alliance, la tante | de La Rochefoucauld; d'autre part sa petite-fille avait épousé le fils

lu, et je fais amende honorable à votre jugement, car je vois bien qu’il y a dans cet écrit de fort jolies choses, et même, je crois, de bonnes, pourvu qu’on ôte l’équivoque qui fait confondre les vraies vertus avec les fausses. Un de mes amis a changé quelques mots en plusieurs articles, qui raccommodent, je crois, ce qu’il y avait de mal; je vous les irai lire un de ces jours, si vous avez loisir de me donner audience.

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