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Correction : Je pense qu'on doit l'estimer présentement

12. Correction : comme je lui ai porté toujours beaucoup de respect.

13. Cf. max. 256 et L 172. — Correction : er la place de ce qu'il veut paraître, au lieu de ce qu'il est.

14. La fin de l'alinéa, à partir de et mieux déguisé, est barrée dans la copie corrigée. — Cf. MS 33 et L 45. — Une des copies ajoute ici une allusion, d’ailleurs barrée, à une autre maxime encore (max. 153, L 79), qu’elle cite exactement: « Voici de ces phrases nouvelles : La nature fait le mérite et la fortune le met en œuvre. Ces modes-là de parler me plaisent parce que cela distingue bien un honnête homme, qui écrit pour son plaisir et comme il parle, d'avec les gens qui en font métier. Mais je ne sais si cela réussira.. » (Fol. 185.)

15. Correction : je serais d'avis qu'il ne mit point au jour.

qu'on pourrait prendre en lui : il en sait tant là-dessus, et il paraît si fin, qu’il ne peut plus mettre en usage !$ cette souveraine habileté qui est de ne paraître point en avoir. Je vous dis à bâton rompu tout ce qui me reste dans l'esprit de cette lecture 17; je ne pense qu’à vous obéir ponctuellement, et en le faisant je crois ne pouvoir faillir, quelque sottise que je puisse dire. Je n’ai point pris de copie, je vous en donne ma parole, ni n’en ai parlé à personne '*.

16. Correction : / montre d'en savoir tant là-dessus qu'il ne saurait plus mettre en usage. — Sur ce passage de la lettre, cf, ci-dessous, la réponse de Mme de Sablé (note 18).

17. Une des copies comporte ici une phrase supplémentaire « Si vous les gardez, je les lirai avec vous, et je vous en dirai mieux mon avis que je ne fais à cette heure, où je n’ai pas le temps de faire une réflexion qui vaille » (fol. 185).

18. La dernière phrase est barrée dans la copie corrigée. Une des autres copies comporte au contraire deux phrases supplémentaires à la fin : «Je vous prie aussi de ne dire à qui que ce soit ce que j'en pense. J'espère avoir l'honneur de vous voir demain. » (Fol. 185.) — L'on trouve encore dans les portefeuilles Vallant (t. II, fol. 186) une esquisse de réponse de Mme de Sablé, avec cette indication de la main de Vallant : Jwgement des maximes, ou plutôt réponse que Mme de Sablé a fait à Mme de Schonberg sur son écrit :

« L'explication que vous donnez à cette maxime, que l'esprit est toujours dupe du cœur, est plus que joliment entendue. Mais ce joliment-là est fort joliment dit, et vous avez admirablement achevé la maxime. Il est vrai que l'amour la fait mieux entendre que les autres passions. Mais cela n'empêche pas qu'il ne soit vrai que l'esprit est partout la dupe du cœur.

« L'auteur a trouvé dans son humeur la maxime de la paresse. Car jamais il n’y en a eu une si grande que la sienne, et je crois que son cœur, aussi inofficieux qu'il est, a autant ce défaut par la paresse que par la volonté. Elle ne lui a jamais pu permettre de faire la moindre action pour autrui (24 un membre de phrase barré : encore qu'il en fait de si éclatantes), et je crois que parmi ses grands désirs et ses grandes expérances il est quelquefois paresseux pour lui-même.

« Ce que vous dites que l’auteur ne pourra mettre en usage sa finesse est fort bien pensé. Vous verrez dans une de mes maximes que nous nous sommes rencontrées dans le même sentiment. En vérité vous êtes une habile personne.» (Peut-être la maxime dont parle Mme de Sablé est-elle celle qui portera le n° XI dans l'édition de 1678 de ses Maximes : « Ceux qui usent toujours d'artifice devraient au moins se servir de leur jugement pour connaître qu’on ne peut guère cacher longtemps une conduite artificieuse parmi des hommes habiles et toujours appliqués à la découvrir... »)

31. Lettre, d'auteur inconnu, à Mme de Schonberg, transmise bar

elle à Mme de Sablé. 1663.

À considérer superficiellement l'écrit que vous m'avez envoyé, il semble tout à fait malin, et il ressemble fort à la production d’un esprit fier, orgueilleux, satirique, dédaigneux, ennemi déclaré du bien, sous quelque visage qu'il paraisse, partisan très passionné du mal, auquel il attribue tout, qui querelle et qui choque toutes les vertus, et qui doit enfin passer pour le destructeur de la morale et pour l’'empoisonneur de toutes les bonnes actions, qu’il veut absolument qui passent pour autant de vices déguisés. Mais quand on le lit avec un peu de cet esprit pénétrant qui va bientôt jusqu’au fond des choses pour y trouver le fin, le délicat et le solide, on est contraint d’avouer ce que je vous déclare, qu'il n’y a rien de plus fort, de plus véritable, de plus philosophe, ni même de plus chrétien, parce que dans la vérité c’est une morale très délicate qui exprime d’une manière peu connue aux anciens philosophes et aux nouveaux pédants la nature des passions qui se travestissent dans nous si souvent en vertus. C’est la découverte du faible de la sagesse humaine et de la raison, et de ce qu’on appelle force d'esprit; c’est une satire très forte et très ingénieuse de la corruption de la nature par le péché originel, de l'amour-propre et de l’orgueil, et de la malignité de l’esprit humain qui corrompt tout quand il agit de soi-même sans l'esprit de Dieu. C’est une agréable description de ce qui se fait par les plus honnêtes gens quand ils n’ont point d'autre conduite que celle de la lumière naturelle et de la raison sans la grâce. C’est une école de l'humilité chrétienne, où nous pouvons apprendre les défauts de ce que l’on appelle si mal à propos nos vertus; c’est un parfaitement beau commentaire du texte de saint Augustin qui dit que toutes les vertus des infidèles sont des vices!; c’est un anti-Sénèque, qui abat l'orgueil du faux sage que ce superbe philosophe élève à

Lettre 31. — Portefeuilles Vallant, t. Il, fol. 164-165 (et une copie au fol. 180).— Une croix en tête du manuscrit atteste que l’auteur est un ecclésiastique, probablement quelque directeur de conscience commun à Mme de Schonberg et à Mme de Guymené, qui le ravitaillent en chocolat! Ce texte est postérieur au précédent, puisqu'à la fin de sa lettre Mme de Schonberg affirmait qu’elle n'avait communiqué les Maximes à personne; il est toutefois antérieur à leur publication, puisqu'elles y sont désignées sous le nom d’écrit.

1. On ne trouve pas chez saint Augustin cette formule brutale, mais seulement des déclarations plus nuancées telles que celle-ci :

légal de Jupiter; c’est un soleil qui fait fondre la neige qui couvre la laideur de ces rochers infructueux de la seule vertu morale; c’est un fonds très fertile d’une infinité de belles vérités qu’on a le plaisir de découvrir en fouissant un peu par la méditation. Enfin, pour dire nettement mon sentiment, quoiqu'il y ait partout des paradoxes, ces paradoxes sont pourtant très véritables, pourvu qu’on demeure toujours dans les termes de la vertu morale et de la raison naturelle, sans la grâce. Il n’y en a point que je ne soutienne, et il y en a même plusieurs qui s’accordent parfaitement avec les sentences de l'Ecclésiastique, qui contient la morale du Saint-Esprit. Enfin, je n'y trouve rien à reprendre que ce qu'il dit qu’on ne loue jamais que pour être loué?, car je vous jure que je ne prétends nulles louanges de celles que je suis obligé de lui donner, et dans l'humeur où je suis je lui en donnerais bien d’autres. Mais il y a là-bas un fort honnête homme qui m'attend dans son carrosse pour me mener faire l’essai de notre chocolate. Vous y avez quelque intérêt, et moi aussi, parce que vous êtes de moitié avec Mme la princesse de Guymené pour m'en faire ma provision.

« Virtutes quas sibi (mens) babere videtur, per quas imperat corpori et vitiis ad quodlibet adipiscendum vel tenendum, nisi ad Deum retulerit, etiam ipsae vitia sunt potius quam virtutes. Nam licet a quibusdam lunc verae et honestae putentur esse virtutes, cum ad se ipsas referuntur, nec propter aliud expetuntur, etiam tunc inflatae ac superbae sunt, et ideo non virtutes sed vitia judicanda sunt. — Les vertus que l'esprit croit posséder, par lesquelles il maîtrise le corps et les vices pour atteindre ou conserver un bien quelconque, sont, faute de les rapporter à Dieu, malgré tout des vices plutôt que des vertus. En effet, bien que certains les considèrent comme des vertus véritables et estimables quand elles n’ont d’autre fin qu’elles-mêmes et ne sont recherchées pour rien d’autre qu’elles-mêmes, elles sont alors encore prétentieuses et orgueilleuses, et pour cette raison on ne doit pas y voir des vertus mais des vices. » (La Cité de Dieu, livre XIX, chap. XX.) — Cf. Discours sur les Réflexions ou Sentences et Maximes morales, p. 275, et n. 2.— Préter à saint Augustin des affirmations aussi peu nuancées que celle que lui prête le correspondant de Mme de Schonberg est caractéristique d’une attitude de type janséniste ; cf. cette proposition de Baius dans le De Virtutibus impiorum, qui avait été condamnée par Pie V le 1°!" octobre 1567 (Denzinger, Enchiridion Symbolorum, n° 1025) : «Omnia opera infidelium sunt peccata, et philosobhorum virtutes sunt vitia. — Tous les actes des incroyants sont des péchés, et les vertus des philosophes sont des vices. »

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