ANNEXES
REMARQUES DE LA REINE CHRISTINE DE SUEDE SUR LA TROISIEME EDITION DES MAXIMES
Le document que nous. publions ici est inédit, et son intérét, bensons-nous, ne peut être discuté. La personnalité de l'auteur, l'originalité de beaucoup de ses remarques, le fait qu'il s'agit d'un commentaire complet, maxime bar maxime, de toute une édition de La Rochefoucauld’, le soin apporté à sa rédaction, — on verra qu'il y a quatre états du texte, — tout concourt à le lui conférer. Il est cependant passé inapercu fusqu'en 1964, année où un fragment en fut présenté aux visiteurs de l'hôtel de Rohan lors d'une très belle exposition consacrée aux « Grandes heures de l'amitié franco-suédoise ».
Conservé aux Archives Nationales de Suède?, il se compose de deux manuscrits successifs, l'un et l'autre disposés sur deux colonnes : celle de gauche contient une bonne copie, de la main
1. Puisqu'il s’agit de la troisième, ce commentaire date de la période 1671-1674 : une fois la quatrième édition parue, l’on n’aurait pas eu de raisons de se servir de la troisième. Par ailleurs l’allusion aux conquêtes des Français «dans ces dernières guerres» (remarques sur la maxime 215) et l’allusion à des pourparlers intéressant l’Angleterre et la Hollande, qui firent la paix en février 1674 (variantes des remarques sur la maxime 82), conduisent à le situer à la fin de 1673.
2. Fonds Azzolini 38, Œuvres littéraires de la reine Christine. — Il existe d’autre part, à la Bibliothèque Nationale de Stockholm, sous la cote D 684, d’autres séries de réflexions de Christine de Suède, publiées en 1751 et 1760 à Amsterdam sous les titres Ovvrage de loisir ou Maximes et Sentences de Christine reine de Suède, et Sentiments et dits mémorables de Christine reine de Suède; mais ce ne sont pas directement des commentaires de La Rochefoucauld.
3. Il y a seulement quelques étourderies, en particulier des mots
sautés.
d'un secrétaire, de la troisième édition des Maximes; celle de droite contient les remarques de la reine, de la main du même secrétaire, mais avec des corrections autograbhes, d'ailleurs difficiles à déchiffrer. Ces corrections sont très nombreuses sur le bremier manuscrit. Le second est une remise au net : les remarques écrites de la main du secrétaire sont proches de celles qui résultaient des corrections portées sur le manuscrit précédent: de nouveau la reine a fait des corrections sur ce second manuscrit, mais peu nombreuses. Cette mise au point est restée inachevée, ou bien elle n'est bas entièrement conservée : elle s'arrête à la maxime 139, alors que le premier manuscrit est complet.
Nous ne pouvons reproduire ici toutes les variantes qui résul tent de ces divers états du texte (au nombre de quatre jusqu’à la maxime 139, de deux ensuite). Nous donnerons, comme il est naturel, le dernier. Maïs nous ne manquerons pas d'indiquer les variantes les plus significatives, car certaines marquent, de la part de la reine, une très forte hésitation, quelquefois même un revirement complet.
Il va de soi que les numéros renvoient à la troisième édition. Elle est le plus souvent semblable, ou presque semblable, à la cinquième; dans le cas contraire une référence sera donnée entre crochets après le numéro’.
1. Une étude de ces remarques de Christine de Suède a été esquissée dans : J. TRUCHET, Le succès des « Maximes » de La Rochefoucauld au XVII siècle (Cahiers de l'Association internationale des Études françaises, 1966).
un + © D