Tout est métier en ce monde
215. En face de la première phrase : Si la poltronnerie parfaite était une chose si rare, les Français auraient fait bien moins de conquêtes dans ces dernières guerres.
En face de la phrase « Il y à des hommes qui s'exposent.…. » : I a raison : les Français l’ont communément fait de la sorte, et cela depuis le temps de César.
En face de la phrase « On en voit qui ne sont Das toujours. » : Les hommes ne sauraient résister aux terreurs paniques, quelque braves qu'ils soient.
1. Première rédaction : Tout cela n'est pas une véritable valeur.
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En face de la phrase « Il s'en trouve à qui l'habitude. » : Tout homme qui craint la mort ne saurait être brave, et presque tous les hommes la craignent.
En face de la phrase « Il y en a qui sont braves. » : Les terreurs paniques, à proprement parler, ne sont autre chose qu’un châtiment du Ciel, qui est l’unique dispensateur de la victoire et de la valeur des hommes, et qui les donne et les ôte quand il lui plaît.
Cela est vrai, et c’est l’unique caractère de la valeur et de la vertu même.
C’est un précieux présent du Ciel que cette intrépidité si rare dans le monde. Tout homme qui n’est pas né intrépide ne saurait le devenir sans un miracle.
Cette qualité est rare, mais elle est belle.
Cela est assez bien dit, mais l’on dirait mieux en disant que c’est de la fausse monnaie que l’on débite au lieu de la bonne.
Il a raison.
C’est qu'il y a peu de véritables braves ; il y faudrait cette armée des amants de Platon.
Il est très vrai.
L'un et l’autre sont fort naturels; cependant la gloire ne s’achète qu’au prix du sang, et souvent de la vie. La vie d’un brave homme est si précieuse qu’il ne devrait jamais l’exposer mal à propos.
À quoi sert la gloire sans la vie?
Cela n’est pas toujours vrai. J'en ai connu qui, à un âge fort avancé, n'avaient aucune faiblesse, ni d'esprit ni de corps.
Il n’y en a guère dans le monde; l’on ne la doit pas prétendre, ni compter là-dessus.
Cela est vrai.
Cela est bien dit; mais à mon gré faire du bien porte avec soi son prix, et il n’en faut pas d’autre.
Cela est fin, mais c’est un pesant fardeau qu’une obligation, et quand l’on est fier l’on s’en acquitte le plus
1. Allusion au Banquet : Phèdre soutient qu’une «armée faite d’amants et de leurs bien-aimés » serait toujours victorieuse, grâce à l'émulation et au dévouement mutuel qui les animerait (178 e-179 b; trad. Robin, coll. Budé, p. 12).