LVI INTRODUCTION
De l'origine des maladies fut barré sur le manuscrit des Réflexions diverses 1. La Rochefoucauld a réfréné sa tendance à la fantaisie verbale.
Retenons de tout cela qu'il y aurait quelque naïveté à vouloir le prendre toujours au sérieux; il s'amuse souvent, probablement plus souvent qu’il ne le laisse voir. Où donc (en dehors de la première édition des Maximes, à l’occasion de laquelle il se laissa présenter comme un Père de l'Église) a-t-il prétendu jouer les docteurs? N'était-il pas l’admirateur et l’ami de La Fontaine? « L'on voit bien, écrivait un correspondant de Mme de Sablé, qué ce faiseur de maximes n'est bas un bomme nourri dans la province, ni dans l'Université? » Il est visible qu'il aimait à scandaliser. On se rappelle le choix qu'il fit de maximes en grande partie sarcastiques pour les soumettre à l’abbesse de Malnoue. L’'Avis au lecteur de la première édition n’affecte-t-il pas l’insolence* ?
Mais ici se présente une antinomie. « La Rochefoucauld, écrit un critique, est le chef-d'œuvre d'une soctété*. » La formule est heureuse; il est exact que ce mondain consommé s'accorde sans effort avec le ton des salons de son temps, le succès des Maximes en témoigne. Mais comment concilier cet accord avec le goût qu'il avait de choquer?
C'est qu'il possédait, si j'ose dire, le don de se moquer du monde en homme du monde; il savait parfaitement jusqu'où pousser la désinvolture5. Les personnes consultées