LE LIVRE FIX
— cet ouvrage encourage le libertinage : aucune vertu chrétienne n'échappe à sa censure l;
Fe il s'inscrit dans l’authentique tradition des Pères de l'Église : en démasquant la fausseté des vertus humaines, il ouvre les voies à la conversion?;
— il est excellent dans son aspect critique, et il est vrai qu'il peut ouvrir les voies à la conversion; il est toutefois étrange que l’auteur n'invite pas explicitement le lecteur à s'orienter vers cette conclusionÿ.
Le problème se ramenait en fait à deux questions, l’une principale, l’autre subsidiaire. La question principale aurait été celle-ci : de quelles vertus les Maximes prétendent-elles dénoncer la fausseté ? — la question subsidiaire : dans quelle intention la dénoncent-elles ?
La réponse à la première question dépendait des opinions théologiques du lecteur. Supposons un lecteur moliniste À : sa doctrine ressemble à un stoïcisme christianisé où la nature serait assumée par la surnature, et les vertus morales acquièrent facilement une valeur religieuse à ses yeux; son réflexe donc sera de considérer les Maximes comme scandaleuses, car il tiendra la religion pour engagée dans les intérêts des vertus morales que le livre met en cause; peut-être même aura-t-il l'impression que les vertus théologales elles-mêmes, en particulier la charité, s'y trouvent lésées. Supposons maintenant un lecteur janséniste : habitué à établir une séparation très forte entré nature et surnature, et à faire une critique serrée