‹ Maximes spirituelles et diverses instructionsChapitre 14 sur 53 · DE LA SOLITUDE DC COELR · texte numérisé non relu

DE LA SOLITUDE DC COELR

Comment nous devons contempler Dieu présent dans notre âme.

Notre négligence et notre ignorance naturelles sont la cause unique de la peine que nous éprouvons à nous recueillir et à nous tenir en la présence de Dieu. L'ignorance fait que nous ne comprenons pas les merveilles qui se passent dans notre cœur; et notre négligence nous empêche de considérer ces merveilles, et de faire des efforts pour les connaître. Oh! si l'àme comprenait le trésor immense qu'elle porte avec elle dans son cœur! Oh! si elle connaissait le grand mystère, qui, à chaque moment, à chaque heure, se passe dans sou intérieur! Oh! si elle reconnaissait la grande merveille qui s'opère sans cesse en elle, avec quelle facilité elle pourrait contempler ces mystères, et s'y reposer avec amour et étonnemenl ! Entrez donc dans votre intérieur et considérez-y les vérités suivanles.

Première vérité.

Dans mon cœur demeure la très-sainte Trinité, dans toute sa gloire, avec toutes ses perfections infinies, telle qu'elle habile dans le ciel. Mais avec celle différence, que dans le ciel sa divinité est sans voile, et dans mon cœur elle se cache sous le voile de la foi. Si ce voile était ôlé, je verrais Dieu en moi, et j'aurais ici-bas le ciel dans mou cœur. Il s'y trouve présent Dieu le Père, Dieu le Fils, Dieu le Saint-Esprit dans toute la nature et essence de la divinité. Y sont présentes cette toule-puissance qui a créé le ciel et la terre; celle sagesse infinie qui gouverne les anges et les hommes; celle beauté incompréhensible qui rend éternellement heureux les élus dans le ciel ; celte immensité admirable qui remplit le ciel et la terre; cetle adorable justice qui récompense les jusles dans le ciel et puuil les réprouvés en enfer. En un mol, Dieu y est présent tel qu'il est et avec toutes ses perfections.

Deuxième vérité.

Toute la très-sainte Trinité habite dans mon cœur, et y opère sans cesse la plus graude merveille de sa miséricorde. Tous les jours je commets de nouveaux péchés ; tous les jours je commets de nouvelles injures envers Dieu. Tout cela se passe sous ses yeux et le blesse ; néanmoins il ne dit mot, il souffre mes légèretés et il se venge par des bienfaits. Après ma chute, il me témoigne sa tendresse, il a pitié de moi; il met de bonnes pensées dans mon cœur; il m'accorde le repentir, afin qu'il ne soit pas forcé de me punir. Après mon repentir, il ne pense plus à ma faille; il augmente sa grâce en moi; il m'avance dans son amilié plus qu'auparavant; et il m'accorde de nouveau sa boulé, sa bienveillance, comme si je n'avais jamais péché. Quoique je ne cesse pas de pécher, il ne s'en faligue jamais ; il ne

se fatigue pas de moi. A chaque heure je commets de nouveaux péchés, et à chaque heure il m'accorde de nouvelles grâces, de nouveaux bienfaits, il m'aime de nouveau. Mon cœur est sa demeure, mon cœur est l'endroit où il exécute les merveilles de sa miséricorde.

Troisième vérité.

En moi, dans mon âme, dans mon cœur demeure toute la sainte Trinité ; elle y opère continuellement les plus grands mystères de sa justice. 11 ne se passe pas un moment dans ma vie qu'elle n'ait les yeux sur moi pour observer toutes mes actions. Si je fais le mal, elle me le voit faire ; cette action lui déplaît, elle m'en punit eu me retirant la grâce qu'elle m'aurait accordée, si j'avais omis cette action. Si je fais le bien, elle le voit également, et y met sa complaisance ; elle m'en récompense en augmentant en moi sa grâce, son amour, son amitié. Si je me laisse aller à la sensualité, si je me répands dans les choses extérieures, si je cherche ma consolation auprès des créatures, elle me témoigne son mécontentement, elle me relire sa grâce, et laisse mon cœur abandonné à la sécheresse, à la tristesse, à la crainte, à la confusion et aux tentations. Quand je reste fidèle, quand je me surmonte courageusement, quand je refuse toute consolation de la part des créatures, alors elle me témoigne sa bienveillance; elle remplit mon âme de joie et de consolation intérieure. Toutes ces opérations de la justice divine se passent dans l'intérieur de mon cœur.

Quatrième vérité.

Dans mon cœur habite la très-sainte Trinité, et elle y exerce sans cesse sa toute-puissance. Je ne peux pas vivre sans le secours de Dieu. A chaque instant Dieu doit, par sa toute-puissance, conserver mon aine, sinon elle retomberait dans le néant; à chaque moment, Dieu doit soutenir mon corps, sinon il retournerait en poussière ; il m'est

beaucoup plus nécessaire que Dieu soit présent en moi, et me soutienne à chaque instant, que ne m'est nécessaire l'air que j'aspire. Sans l'assistance de Dieu, je ne peux pas faire le moindre mouvement. Marcher, parler, écrire, respirer, etc., toutes ces opérations de mes membres, je ne peux les faire sans Dieu. Sans l'assistance de Dieu je ne peux faire aucune bonne action. C'est Dieu qui d'abord me donne une sainte pensée pour faire une bonne action. C'est premièrement Dieu qui meut ma volonté, qui met dans mon cœur une grâce surnaturelle, qui commence, continue et achève avec moi une bonne action. Sans Dieu, sans son secours, je ne peux pas même faire le mal; car quoiqu'il déleste le mal, et qu'il n'y prenne aucune part, que le mal soit seulement du côté de ma volonté, cependant puisque Dieu m'a donné la liberté sans laquelle je ne pourrais pas agir, il me donne dans cette liberté pour agir, le secours de sa toute-puissance : et ainsi du reste.

Cinquième vérité.

Toute la sainte Trinité habile dans mon cœur et y exerce sans cesse la plus grande libéralité. Dieu n'est pas oisif dans mon âme, mais il y est continuellement occupé à faire du bien. Si je forme une sainte affection envers lui, il m'aime et augmente en moi son amour et sa grâce. Si je fais la moindre action par amour pour lui, il m'embrasse, et m'accorde une nouvelle mesure de dons célestes. Si par amour pour lui, je surmonte une petite tentation d'un moment, il me reçoit et m'élève d'un nouveau degré dans son amitié. Quand je supporte la plus petite croix pour son amour, alors il me témoigne sa bienveillance, et m'élève plus haut dans la félicité. C'est ainsi que Dieu opère sans cesse en moi; c'est ainsi qu'il orne continuellement mon âme. C'est ainsi qu'il s'occupe de moi, comme s'il n'y avait pas d'autre créature sur laquelle dût s'étendre sa prévoyance.

Sixième vérité.

La très-sainte Trinité demeure en moi, et m'aime tendrement. Aucune mère sur la terre ne s'occupe de son enfant, comme Dieu s'occupe de moi. A toute heure du jour et de la nuit, il pense à moi, il a soin de moi, il m'aime et m'embrasse. Tantôt il me caresse, me donne des consolations intérieures, et me laisse reposer doucement dans son sein ; tantôt il se cache et me laisse dans la sécheresse, pour me montrer par son absence que je n'ai aucun bien à espérer sans lui, hors de lui, et que ma félicité repose en lui. Tantôt il m'éclaire par sa grâce intérieure, il m'encourage au bien, m'excite à me vaincre et à faire de saintes entreprises; si je lui obéis, alors il me console, et me témoigne son contentement, comme une tendre mère qui aime son enfant quand il fait bien. Tantôt il me montre son mécontentement quand je me retire de lui, quand je quitte ma solitude intérieure (le recueillement), pour me tourner vers les créatures afin d'en obtenir ou mendier quelque consolation ; alors il me laisse tomber dans les ténèbres et la tristesse, et me fait comprendre qu'il n'est pas content, comme un époux qui ne peut souffrir que son épouse partage son cœur entre lui et un autre. En un mot, Dieu demeure en moi, il m'aime très-tendrement, il est content de mon bien-être, il pense à moi, il a les yeux fixés sur moi, pour me rendre de plus en plus heureux. Voilà ce qu'il fait continuellement à mon égard.

Voilà, mon àme! les merveilles et les mystères, qui à chaque moment, à chaque heure se passent dans ton cœur. Pensez donc, réfléchissez, méditez, abîmez-vous entièrement et continuez ainsi jusqu'à ce que la pensée de votre Dieu vous soit aussi facile que la respiration, et que les regards de votre àme ne se détachent plus de lui. Oh ! bienheureuse est lame qui atteint ce but ! Elle a le ciel sur la terre, elle possède une paix, un contentement que le monde entier ne peut pas lui enlever.

Si nous nous appliquions sérieusement à parvenir à cet état, cl si nous l'obtenions par la grâce de Dieu, oh! qu'il nous serait facile alors de détacher notre cœur de tout ce qui est créé ! Oh ! quelle consolation ce serait pour nous, de nous entretenir avec Dieu en secret, dans la solitude de notre cœur, dans le recueillement continuel ! Oh î quelles flammes d'amour s'élèveraient dans notre cœur! Oh ! quel repos et quel contentement nous ressentirions! Nous nous privons de cet heureux état, nous nous privons de toutes ces consolations, parce que nous ne voulons pas demeurer et rester dans l'intérieur de notre âme, où jaillit la source de toutes les grâces, de toutes les consolations. Si vous désirez parvenir à cet heureux état, ô mon âme ! appliquez-vous-y donc avec beaucoup de soin, en la présence de Dieu. Dans le commencement servez-vous de la manière que j'ai expliquée dans la première vérité. Le reste viendra de soi-même, si vous vous en occupez souvent dans la méditation quotidienne, si vous vous rendez cela familier par de fréquents souvenirs.

Comment on doit s'entretenir avec Dieu, dans son cœur.

Il servirait peu de contempler Dieu présent dans notre cœur, si nous voulions nous arrêter uniquement, et nous reposer dans cette contemplation. Le point principal de ce recueillement, de celte solitude du cœur, consiste à adorer, louer, aimer et embrasser son bien-aimé par des soupirs et de saintes affections.

Les saints s'occupent dans le ciel à deux choses, et ils y passent toute l'éternité, savoir : 1° à contempler Dieu. 2° A l'adorer, à le louer, à l'honorer et à l'aimer. Nous devons faire sur la terre ce que font les saints dans le ciel. Ainsi nous devons aussi le contempler, l'adorer, le louer, l'honorer et l'aimer; et cette partie de recueillement intérieur, qui est du ressort de la volonté, est beaucoup plus

utile et plus nécessaire que celle qui est du ressort de l'entendement, quoique Tune ne puisse pas convenablement, ni ne doive pas même exister sans l'autre. C'est pourquoi l'âme ne s'inquiétera pas beaucoup si elle ne remarque rien d'extraordinaire delà part de l'entendement, pourvu qu'elle profite du côté de la volonté. Car lorsqu'il y a de la ferveur de la part de la volonté, celle-ci attire alors l'entendement librement. El plus la volonté est enflammée d'amour, plus aussi l'entendement sera éclairé. Avant de traiter des saintes affections dont l'âme doit s'occuper, nous allons expliquer brièvement comment elle doit se conduire pour former ces affections.

1° Elle aura grand soin de ne jamais interrompre longtemps les entretiens et les affections, mais de les entretenir autant que possible. En tout temps, et en tout lieu, dans les affaires, qu'elle soit seule ou avec d'autres personnes; qu'elle garde le silence ou qu'elle soit en conversation, à la maison, ou autre part, toujours elle doit fixer ses regards sur la présence de Dieu ; elle doit s'unir intimement à lui, par de saintes affections, et sans interrompre beaucoup ces saints entretiens. Elle doit travailler à parvenir à ce point, que toute sa vie devienne une vie d'oraison et d'amour brûlant continuellement pour Dieu ; et qu'elle soit aussi recueillie dans la rue, au milieu des affaires, et en société, qu'elle y soit aussi fervemment unie à Dieu, qu'elle est habituée de l'être pendant l'oraison. Cela n'est ni impossible, ni trop difficile, si Ton commence ce saint exercice avec ardeur et discrétion, et qu'os ne l'abandonne plus. 1° On prendra une ferme résolution de s'unir a Dieu, par une sainte affection, autant de lois, par exemple vingt fois, d'une visite à l'autre au Saint Sacrement. 2° Lorsqu'on aura continué ainsi pendant une semaine ou deux et que l'on aura pris celte habitude, alors on augmentera le nombre de ces affections d'un tiers, par exemple. 5° Lorsqu'on aura fait passer cet exercice en habitude, alors on l'augmentera encore d'un tiers, et ainsi de suite, jusqu'à ce que l'on

parvienne à une continuelle intimité avec Dieu. C'est ainsi qu'avait agicegrand serviteur, Didace Marlinez, de la compagnie de Jésus, qu'on appelait l'apôtre du Pérou à cause du grand nombre de miracles qu'il avait opérés et de tant de milliers d'infidèles qu'il avait convertis. Il était si appliqué aux communications avec Dieu, qu'il passait les nuits en oraison, dans ses voyages, sous le ciel, en pleine campagne, où Dieu l'enflammait tellement de son amour qu'il s'élevait souvent de la terre, en extase, jusqu'au-dessus des arbres, qu'on l'a trouvé ainsi entouré d'une clarté céleste, et entre deux colonnes de feu. Cette contemplation nocturne ne lui suffisait pas; c'est pourquoi, ne pouvant pas rester dans celle solitude pendant le jour, à cause de ses grands travaux, il l'échangeait par de continuelles et ardentes affections, qu'il excitait dans son cœur quatre à cinq mille fois par jour. Il parvint à celte admirable union par un petit commencement. Dans son noviciat, il prit la résolution d'élever son cœur vers Dieu sept fois par jour. Peu à peu il augmenta ce nombre jusqu'à cent. Avant la fin de son noviciat il parvint jusqu'à trois cents; eniin, la grâce et l'habitude prirent un tel accroissement qu'il formait journellement, et jusqu'à sa mort, quatre et jusqu'à cinq mille de ces affections.

2° On fera attention, au commencement, non au grand nombre de ces affections, mais au zèle et à la ferveur avec lesquels on les formera. La ferveur et Se zèle intérieurs font le prix et le mérite de nos actions intérieures et extérieures : une seule affection provenant d'un saint zèle et d'jn ardent amour, touche Dieu plus que cinquante autres émanant d'un cœur tiède et froid. Et quand même on ne pourrait exciter, au commencement, qu'une seule affection parheure, environ, sur la présence de Dieu en nous, mais avec zèle, et avec le désir de pouvoir plaire à Dieu, cela profiterait plus que de les former sans cesse et sans interruption, mais froidement et superficiellement. Je ne comprends par ce mot de zèle, qu'uu simple et vif regard de la part de l'entende-

ment, sur la présence de la Majesté divine, cl du in pari de la volonté, qu'une sincère inclination pour cette adorable Majesté; de manière que le cœur soit réellement tel que vous le témoignez à Dieu dans cette affection. Forcer la tète et la poitrine pour en faire sortir par violence une ferveur sensible; vouloir chercher et obtenir par d'assidus efforts une douce dévotion et des effusions de cœur, ce sont autant de peines inutiles. Car, outre que cela n'est pas en notre pouvoir, de pins ce n'est d'aucune utilité, si nous les cherchons de celte manière; itssonl même fort nuisibles, comme nous le verrons à la fin de celte instruction. Après que l'âme aura appris à agir avec zèle et ferveur, alors elle songera comment elle augmentera ses affections, et comment elle pourra y persévérer, de la manière que nous venons de dire. 3° On aura soin d'agir avec Dieu simplement, cordialement, et avec beaucoup de confiance. Ce n'est pas bien que de paraître devant Dieu avec crainte et tremblement, avec défiance et pusillanimité ; niais converser avec lui cordialement, confidemmenf et simplement, c'est une pratique pleine de douceur et de grâce. Oh! quelles fautes graves nous commettons dans celle matière! Oh! que d'inconvenantes idées nous nous formons de Dieu. Nous ne nous le représentons pns beaucoup mieux qu'une personne impatiente qui passe des semaines entières sans nous faire une bonne mine, lorsque nous l'avons offensée par une parole ou l'autre. Non ! mon âme ! Dieu n'est pas ainsi disposé. Vous devez converser et traiter avec Dieu comme avec le meilleur des amis, que vous saurez être disposé à toute heure, «à partager son cœur avec vous. Vous devez asir avec Dieu comme avec votre père, qui ne pense jour et nuit qu'à vous placer dans un état bienheureux. Vous devez vous représenter Dieu comme un époux animé d'un amour tout pur, qui ne trouve sa joie, sa consolation cl son contentement, qu'en vous voyant près de lui, et qu'en répandant sou cœur et son amour sur vous. Ne croyez pas qu'on puisse en dire trop sur cette matière. Tout ce que je peux écrire, el tout

ce que vous pouvez penser, est beaucoup trop peu, en comparaison de ce que Ton pcul réellement trouver dans l'amitié de Dieu, il n'y a jamais eu (l'homme si épris d'amour, qui ait eu aussi volontiers une épouse chérie près de lui, que Dieu aime de vous avoir près de lui ; car, comme Dieu est infini dans toutes ses perfections, il est donc aussi infini et immense dans son amitié et dans sa familiarité. Par ce que je viens de dire, je n'entends pas qu'on doive s'approcher de Dieu ou converser avec lui sans humilité et sans respect. Non, on doit honorer celle majesté infinie avec un profond respect, mais cela n'Oie rien à la sainte familiarité; car plus je reconnais mon indignité, plus aussi mon cœur s'cnfianime d'amour, en considérant qu'une créature aussi chétive que moi soit si ardemment, si cordialement aimée par un Dieu si grand.

4° L'àme doit faire attention à la conduite de Dieu ; elle ne doit pas faire des efforts inutiles, mais user d'une liberté modérée, et se livrer aux affections dans lesquelles elle trouve actuellement de la satisfaction. L'àme n'est pas toujours dans un même état. Quelquefois elle est triste, indolente, découragée, abattue, troublée; alors elle doit s'exciter à la douleur de ses péchés, se résigner à la volonté de Dieu, supporter de grandes souffrances pour lui plaire, pour son amour. Quelquefois elle estde bonne humeur, dans la joie, bien consolée : c'est alors qu'elle doit s'anéantir en Dieu; se réjouir t\u bonheur infini de Dieu; s'épancher en louanges et en bénédictions; soupirer après la vue et l'amour de Dieu. Tantôt Dieu met lui-même unesainte affection dans le cœur de l'homme, sans que celui-ci sache d'où ni comment cela lui est venu : alors la fidélité que nous devons aux inspirations divines exige que nous menions tout autre chose de côté, pour ne nous occuper que de ce que Dieu, par sa grâce, a mis dans notre cœur. Tantôt j'éprouve moi-même quelque affection qui m'a été imprimée dans le cœur d'une certaine manière; alors je dois la suivre et y abandonner mon cœur aussi longtemps qu'il y trouve delà satisfaction. Mais

— 7G — l'âme esl libre; si eile ne se trouve dans aucun de ces étais, elle peut faire alors ce qu'elle veut, il faut bien faire attention à cette remarque, parce qu'elle est d'une plus haute importance qu'on ne le pense. Ceci sert d'avant-propos. Maintenant nous allons expliquer les saintes affections dont l'âme peu! s'occuper pendant son recueillement, ou dans la solitude de son cœur.

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