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el préférablement à tant d'autres qui ont passé leur jeunesse dans Tinnocence.
Après avoir pesé , médité sérieusement ces grâces et d'autres semblables, excitez en vous l'une ou l'autre des affections suivantes : vous pouvez et vous devez maintenant grandement admirer l'infinie bonté de Dieu, qui vous a accordé si libéralement tant de milliers de «races extraordinaires et sans aucun mérite de votre part; maintenant vous pouvez et vous devez louer et bénir Dieu ; le remercier de tout votre cœur pour sa bonté et sa miséricorde infinies. Tantôt au lieu de lui témoigner votre reconnaissance, vous pouvez lui offrir les louanges et les bénédictions que lui a rendues en tout temps le cœur sacré de Jésus. Une autre fois vous pouvez déplorer votre ingratitude, de ce que vous avez offensé Dieu si souvent et si grièvement, après avoir reçu de lui tant de grâces el de bienfaits. Une autre fois encore, vous pouvez former un ardent amour, el par reconnaissance vous offrir entièrement à lui.
De l'amour d'estime.
L'amour d'estime est un exercice de ra volonté, par lequel l'âme estime Dieu par-dessus toutes les créatures; par lequel elle préfère la moindre volonté, le moindre bon plaisir de Dieu, à tous les biens de ce monde et de l'autre; par lequel elle hait et déleste plus que tous les maux, la moindre chose qui lui déplaît. C'est là le premier exercice de l'amour d'estime envers Dieu et 1 introduction ou le commencement de tous les autres ; car le cœur dans lequel se trouve cet amour, et où il grandit par une pratique habituelle el constante, ressentira bientôt de plus en plus le feu de l'amour divin qui remplira l'âme toute entière, et lui fera goûter des affections inconnues jusqu'alors. 11 est à cette lin utile et môme nécessaire de s'appliquer avec soin à cet exercice jusqu'à ce qu'on éprouve une ferme
résolution de régler sa vie journalière sur les affections qui renferment cet amour.
Le premier exercice consiste à avoir pour Dieu une estime si grande qu'on prenne la ferme résolution de souffrir plutôt tous les maux de cette vie et de l'autre, que de l'offenser volontairement et de piopos délibéré par le moindre péché. Pour cette fin considérez la vérité suivante : Dieu est le bien suprême, infiniment parfait en toutes perfections, infiniment puissant, infiniment beau, infiniment saint, infiniment miséricordieux, infiniment bon, infiniment sage. Offenser un bien infini, c'est le plus grand mal qu'on puisse faire ou imaginer. Il vaudrait mieux que toutes les créatures fussent anéanties en ce moment que de commettre un péché ou de faire le moindre déplaisir contre la source de tout bien.
Après avoir bien médité cette vérité, formez les affections suivantes :
1° Estimez et respectez Dieu au-dessus de toutes les créatures ; et reconnaissez que lui seul mérite un amour infini; que lui seul est digne d'un amour infini; parce que lui seul est Infiniment parfait en lui-même ; reconnaissez qu'on ne peut commettre ni imaginer uu plus grand mal, que de lui causer le moindre déplaisir ; qu'il vaudrait mieux que toutes les créatures rentrassent dans le néant, que d'offenser le créateur de toutes choses.
2° Reconnaissez sincèrement que vous avez mérité d'être précipité en enfer au moment où vous offensiez ce bien suprême par votre premier péché. Etonnez-vous que Dieu, nonobstant sa grandeur infinie, ait voulu souffrir tant d'injures sans les châtier comme elles le méritaient ; qu'il les a voulu souffrir de vous, ver de terre qu'il avait créé par sa toute-puissance.
3° Repentez-vous sincèrement de tous vos péchés , de toutes vos imperfections, de toutes vos mauvaises inclinations; délestez-les de tout votre cœur. Témoignez à Dieu que vous êtes disposé en ce moment à souffrir la mort la
plus affreuse, si par ce moyen il était en votre pouvoir (l'anéantir les injures que vous lui avez faites.
4° Prenez la résolution, à la face du ciel, de supporter, à l'avenir, tous les maux, plutôt que d'offenser Dieu, ce bien suprême, une seule fois et par le moindre péché.
Le deuxième exercice d'estime consiste à prendre la ferme résolution de faire toujours et à chaque moment ce que l'on saura être le plus agréable à Dieu. A cette fin considérez la vérité suivante : Dieu seul est l'Etre suprême, parfait et infini, qui mérite d'être loué cl aimé pour lui-même, audessus de tout. Les anges, les hommes, le ciel et la terre, toutes les créatures ensemble en comparaison de Dieu, ne sont pas autant qu'un atome en comparaison du globe immense de la terre. Procurer à ce grand Dieu une petite satisfaction, est donc un bien infiniment grand, un bien qui surpasse tout autre bien qu'on pourrait faire à quelque créature que ce soit.
Après avoir considéré celte vérité, formez les affections suivantes :
1° Réjouissez-vous, et remerciez Dieu de tout votre cœur, de ce qu'il a daigné, par sa bonté infinie, vous placer dans un état où vous pouvez le connaître, le louer, l'aimer et lui plaire. Confessez que vous voulez lui plaire dans les moindres choses, et que vous l'estimez au-dessus du ciel et de la terre, au-dessus de tous les biens de cette vie et de l'autre.
2° Offrez-vous à lui de tout votre cœur, comme un holocauste parfait d'amour, et avec une entière disposition de faire autant et en tout temps ce qu'il désire de vous, ce qu'il vous inspirera, ou ce qu'il vous fera connaître de toute autre manière ou par une circonstance ou l'autre; de souffrir tout et en tout temps ce qu'il lui plaira de vous faire souffrir; et tout cela par pur amour pour lui et pour lui plaire.
5° Regrettez de tout votre co^ur d'avoir, pendant tant d'années, cherché avec tant d'ardeur à plaire au monde, et
d'avoir commence si lard à chercher les moyens pour plai à Dieu.
i° Pour voire estime, votre amour et votre résignation, offrez-lui tout ce que le cœur sacré de Jésus lui a jamais témoigné pendant sa vie.
Le troisième exercice d'estime consiste à être disposé à souffrir toujours en silence et avec joie, tout ce qu'il lui plaira nous faire souffrir. Dieu est l'Etre suprême, un Etre immense, le plus parfait, le plus aimable. Tout ce que je peux faire est beaucoup trop peu en comparaison de ce qu'il mérite. Si je pouvais faire seul tout ce que tous les Saints ont fait par amour pour lui, depuis le commencement du monde; si je pouvais souffrir seul tout ce que les Martyrs ont souffert pour son amour, depuis le commencement de l'Eglise; si je pouvais souffrir seul et pour son amour et pour lui plaire, Loul ce que loutes les créatures ont jamais souffert, tout cela ne serait rien en comparaison de ce que Dieu mérite; car ce que Dieu mérite est infini, tandis que ce que vous faites e.si fini.
Après avoir bien médité cette vérité, formez les affections suivantes :
1° Excitez en vous un aident amour envers lui ; et offrezlui par amour vos biens temporels, avec une entière disposition d'adorer sa sainte volonté dans tous les accidents, si Dieu trouvait bon de vous enlever ces biens.
2e Concevez encore un ardent amour de Dieu, et offrez-lui par amour votre corps et voire santé; dites-lui que vous êtes tout entier à sa disposition, s'il juge bon de vous euvoyer d»'> douleurs, des maladies, des infirmités ; que vous louerez et bénirez ses desseins.
5° Excitez en vous un fervent amour par lequel vous lui offrirez votre honneur, votre réputation, étant tout disposé à les perdre, s'il lui plaît, et à bénir, dans cette circonstance, sa sainte volonté.
An Offrez-lui, dans les mêmes dispositions, votre âme, la paix, la tranquillité intérieure, avec la disposition de louer
sa sainte volonté, en cas qu'il vous éprouve, ou qu'il permette que vous soyez visité par des tentations, des angoisses, des délaissements.
Cet exercice est d'une grande importance; car si nous le pratiquons pendant ces épreuves, il nous fait acquérir un grand amour de Dieu et la plus grande mortification de nous-mêmes.
Le quatrième exercice d'estime consiste à s'oublier entièrement soi-même, sans exception aucune, pour s'abandonner entièrement à la disposition de Dieu.
A celte fin, considérez tantôt l'une, tantôt l'autre des perfections de Dieu. Considérez :
i° La puissance de Dieu est si grande, qne par une seule parole, en un moment, sans aucune peine, il peut tirer du néant autant de cieux, autant de mondes qu'il y a de grains de sable sur le bord de la mer.
2° La beauté de Dieu est si grande, que s'il créait chaque jour aulant de millions d'anges et d'hommes qu'il y a d'atomes dans l'air, ces anges et ces hommes seraient infiniment et éternellement heureux s'ils pouvaient seulement contempler la face de Dieu.
5° La miséricorde de Dieu est si grande, que si j'avais commis seul tous les péchés qu'ont commis, que commettent actuellement et que commettront encore tous les hommes, et même si j'avais commis ceux de tous les démons et de tous les damnés, et si pour ces péchés je lui adressais un seul soupir avec un cœur contrit, Dieu, pour ce seul soupir, me pardonnerait et me sauverait.
4° La libéralité de Dieu est si grande, que si je n'avais fait aucune bonne œuvre pendant toute ma vie, et que si à la fin de ma vie je lui adressais ce soupir : « 0 Seigneur! je vous aime par-dessus toutes choses, parce que vous êtes le bien suprême, je déteste tous mes péchés par amour pour vous ; » Dieu me donnerait le ciel pour ce seul soupir.
o° La sainteté de Dieu est si grande, qu'il vaudrait mieux
que tout fût détruit plutôt que de commettre le moindre péché en mépris de lui.
6° L'infinité de Dieu est si grande, que s'il créait autant de millions de mondes qu"il y a de grains de sable dans la mer, il n'y aurait pas un endroit vide, et Dieu s'y trouverait avec toute sa nature et son essence.
7° L'amour de Dieu pour moi est si grand, que s'il était nécessaire, Jésus-Christ souffrirait de nouveau la mort pour moi, si cela se pouvait , car telle est sa disposition et son amour envers moi.
8° La justice de Dieu est si grande, qu'il punira en enfer pendant toute l'éternité, et par les peines les plus terribles, un seul péché mortel.
Après avoir médité ces perfections de Dieu, formez les affections suivantes :
1° Jetez-vous dans le plus profond de votre néant, et adorez la grandeur infinie de Dieu par le plus profond respect; «î: ez sa majesté infinie et glorifiez-la par des souhaits in son bonheur infini.
2° Entonnez avec une joie intérieure ies louanges et les bénédictions de Dieu.
5° Invitez toutes les créatures du ciel et de la terre à le louer et à l'exalter.
4° Détestez votre iniquité par laquelle vous avez si souvent et si grièvement offensé ce Dieu immense; et repentez-vous d'avoir laissé passer tant d'années sans l'aimer parfaitement. Pleurez sur le monde et plaignez-le de ce que ce bien suprême est si peu connu, si peu aimé et si souvent offensé par la plupart des hommes.
5° Excitez en vous une grande estime, un grand respect envers Dieu ; offrez-lui toutes sortes de saintes résolutions, un ardent amour, et une soumission entière à ses saintes ordonnances.
6° Formez un vif désir de brûler de son amour, et d'en être consumé, et que ce grand Dieu soit connu et aimé du monde entier.