‹ Maximes sur le ministèreChapitre 16 sur 48 · CHAPITRE YII · texte numérisé non relu

CHAPITRE YII

De l action en général.

IjES sens sont les premiers juges du sermon. On doit les gagner par ce qui est sensible , par Tair , le geste , la voix. La prononciation donne au discours un mérite qu'on n'y sent plus quand on le lit.

Si l'action est capable de cacher les défauts de la composition , on a grand tort de la négliger. On se rend utile à l'auditeur , en lui épargnant tout ce qui pourroit le choquer : content des manières , il ne pensera plus qu'aux choses.

Il n'est pas dcfenJii de concerter Taclion , pourvu que ce soit moins pour plaire que pour instruire et pour toucher. La chaire a ses bienséances et ses règles ; le bon sens veut qu'on les garde , et la pieté ne s'y oppose pas. On observe celles de la grammaire et de la logique ; pourquoi ncgligera-t-on celles qui concernent l'action ?

Les hommes apostoliques peuvent avoir néglige ces règles: la plénitude du Saint-Esprit leur tenoit lieu d'art , de mélhode. Cet heureux temps n'est plus ; mais si les manières sont différentes , la fin est toujours la même.

Voudroit-on interdire à l'éloquence sacrée des moyens innocents , dont l'élo-

quence profane se sert avec succès ? La charité a droit sur ce que la cupidité usurpe.

YI.

On peut étudier son action dans le cabinet , en chaire il n'y faut plus penser. C'est alors le temps de s'occuper entièrement du sujet , et des fms sublimes du ministère.

Il doit paroitrc dans l'action une liberté entière : elle suplée quelquefois aux raisons ; et Ton a vu des saints convertir par leur extérieur mortifié , et par le pathétique de leur action , des auditeurs qui n'entendoient pas seulement leur \an-

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