‹ Maxims & réflexions moralesChapitre 7 sur 64 · XX ÉTUDE SUR LA R« CUEFOUGAULD · texte numérisé non relu

XX ÉTUDE SUR LA R« CUEFOUGAULD

Test, plus grand surtout qu'on ne le croit, le rôle de Tégoïsme dans les déterminations humaines. Voilà jusqu'où va La Rochefoucauld, et tout ce qu'impliquent à la rigueur ses Maximes: je ne crois pas qu'on ait le droit de lui imputer davantage. »

Au bout du compte , pour rendre ces Maxi* mes acceptables et équitables de tout point , il ne s'agit que d'y sous-ec tendre des correctifs tels que ceux-ci : Ordt^irement, Presque toujourSj A tr^S'pm d'exceptions près. Aussitôt elles deviendront toutes aussi justes qu'ingénieuses, et on pourra les relire souvent avec fri?:t.

Oui, la morale de l'intérêt , c'est-à-dire la fausse morale, est celle qui règne à peu prés universellement , cela est vrai ; mais , en revanche, il est vrai aussi que la morale du devoir et du dévouement, la vraie morale, guide quelques âmes; et il suffit de ces quelques âmes pour réfuter tous les paradoxes des isjceptiques, et sauver l'honneur de l'humanité.

Nous ne disons pas seulement la morale du devoir , nous disons la morale du devoir et du dévouement. Car le dernier tout seul, le

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devoir strict, ne suffit point. Ou, si vous aimez mieux cette formule, c'est un devoir parfois d'aller au delà même du devoir.

Telle âme est droite comme une ligne géométrique , mais de même sèche et abstraite : hors de l'honnêteté rigoureuse, elle n'a aucun élan, aucun essor. Elle s'enferme dans le devoir pur ; au delà , elle ne connaît rien. Que manque-t-il à cette âme pour être vraiment belle ? Il lui manque Tardeur qui fait qu'on se dévoue, la flamme des généreux sacrifices ; il lui manque ce qui est par delà le devoir rigide, il lui manque le dévouement. Dans Taccomplissement de la vertu , c'est la raison qui trace la carrière , c'est le cœur qui la fournit.

Vous avez vu couler le fer î On creuse un sillon dans le sable ; le flot rouge qui sort du haut-fourneau s'y précipite et le remplit : c'est la coulée. A quoi servirait le sillon si la coulée n'y descendait ? La coulée, c'est le dévouement, c'est la charité, la fraternité ; c'est nousmêmes que nous répandons en nous coasumant, pour être utiles à nos semblables, amia ou ennemis ; ce sont non idée» et nos sentii*

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