‹ Maxwel drame en cinq actes et un prologueChapitre 105 sur 115 · I.es Mêmes, MARGUERITE, pais SPARCK · texte numérisé non relu

I.es Mêmes, MARGUERITE, pais SPARCK

MARGUERITE, après avoir jeté sa mante et son capuchon sur une

chaise.

Mon père !... ma place n’est pas ici, je le sais!... mais la gravité de ce qui se passe jusliiie ma démarche!... votre douleur, dont vous me cachiez obstinément la cause ce matin, m’est expliquée maintenant!... mon oncle Rutten, que je croyais mort, est vivant! il est accusé de vol! il est arrêté!... vous serez son juge, et, comme il est coupable, VOUS le condamnerez !... (Montrant une lettre qu’elle tient à la main ) C’est à moi qu’il s’adresse pour implorer votre clémence !... Ne soyez pas impitoyable pour vous-même, mon père!... Je ne parle pas de moi !... oh ! je sais que voire conscience parie plus haut que la crainte même de l’infamie et que le souci de votre renommée neferait pas fléchir votre justice!... mais cette justice enfin, est-elle forcée de sévir contre un crime qui n’existe plus?... Ah ! je ne serai pas seule à vous supplier !... (Se tournant vers Marthe.) La présence mêmede mademoiselle me rassure!. ..je ne lui fais pas l’injure de croire qu’elle est ici pour exiger une répression inutile, maintenant que ces diamants...

MARTHE, montrant la boîte placée snr la table.

Sont aux pauvres, mademoiselle !

MARGUERITE

Ah! je ne doutais pas de vous!.., c’est pour fléchir mon père que vous êtes venue, n’est-ce pas?... et vous aussi, monsieur Goulden!... et toi aussi, Reiuold!... joignez-vous à moi!... conjurez-le ! persuadez-le ! sauvez-lui la vie en le sauvant de la honte !... (Après on silence.) Vous ne répondez pas?... vous détournez les yeux?...

MAWVEL, prenant les deui mains de Marguerite.

Malheureuse enfant!... Rutten n’a pas volé seulement !... il a assassiné le comte d’Asfeld, et Buttlér innocent est monté pour lui au gibet !

MARGUERITE

Ah!... ce n’est pas vrai ! .. (Elle regarde alternativement Marthe, Reiuold et Goulden. Après un silence.) Les preuves? (Nouveau silence.)

MAXWEL

COULDEN.

Nous venons les chercher dans la conscience du coupable.

MARGUERITE

Vous n’avez pas de preuves, et vous l’accusez 1...

MAXWEL.

Sur quoi fondez-vous donc votre croyance?

GOULDEN

Maxwel ! souviens-toi de cette seconde vue qui montra à la femme de Buttlcr ton vieux serviteur! tu en souriais alors; tu n’en souris plus aujourd’hui! miracle, soit !... Le miracle s’est reproduit !... et l’aveu de Rutten lui-même le confirmera !...

MARGUERITE

Je ne le croirai donc que quand je l’aurai entendu de sa bouche !

MAXWEL.

Espères-tu l’obtenir?... Ce serait là le miracle!

MARTIIE.

Dieu le fera! il nous le doit!... sa justice à lui est patiente, mais elle arrive à son heure!... elle a désigné le coupable, et rien, rien ne le sauvera !... Pardon!... oji ! pardon, mon--, sieur, de vous faire souffrir une torture dont j’ai connu les angoisses ! c’est la conscience de mon ignominie qui me gonfle le cœur d’amertume Qt le ferme à la pitié! Le couteau de votre frère n’a pas seulement frappé SI. d’Asfeld! il nous a frappés tous, mon père dans sa mémoire, ma mère dans sa raison, mon frère dans son honneur, moi!... Dieu puissant! c’est la mort, la folie, la honte qui crient vengeance !... Et, si je n’ai pas la douceur d’une femme, c’est que j’en ai laissé les vertus sur l’échafaud de mon pèrel

Vous invoquez le jugement de Dieu! c’est à Dieu de vous répondre, (a Goulden.) Tu veux parler à Rutten?

GOULDEN

'Oui!...

MAXWEL, appelant.

Sparek! (Sparck rentre en scène.) Amenez Rutten ! (sparck sort.

A Reinold on lui montrant Marguerite.) Reinold!... voila une enfant que j’aime!... si je ne dois lui léguer qu’un nom flétri, si ton cœur est animé des sentiments qui étaient dans le sien, c’cst à toi que je la confie!...

Il embrasse tendrement Marguerite.

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